Les Alicaments

Les alicaments sont apparus ces dernières années dans les rayons des supermarchés. Au croisement de la nutrition et de la santé, ces produits d’un nouveau genre nous promettent non seulement de nous nourrir, mais aussi de nous soigner. Bien que les bénéfices réels de ces produits restent encore à prouver, ce marché augmente de 20 % par an.

Définition

Le terme d’alicament est une invention de l'industrie agro-alimentaire née de la combinaison des mots « aliment » et « médicament ».

Les alicaments sont donc des aliments de consommation courante destinés à soigner ou à prévenir certaines maladies.

Ce nom peut servir à désigner deux choses différentes :

- des produits de l’industrie alimentaire censés avoir un effet thérapeutique, comme les aliments enrichis en oméga-3 et les yaourts au bifidus ou enrichis en probiotique Lactobacillus casei Defensis.

- des aliments courants (certains légumes, fruits, produits) à qui l’on prête des vertus pour la santé. L'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a, par exemple, reconnu en 2004 les effets bénéfiques du jus de canneberge sur les infections urinaires.

Les alicaments industriels sont-ils vraiment utiles ?

Même si les études scientifiques aboutissant à leur fabrication sont sérieuses, les alicaments, échappent aux contrôles que subit un médicament avant et après sa mise sur le marché.

Or, l’utilité de ces aliments artificiellement enrichis en nutriments divers, reste encore à prouver. Les apports journaliers recommandés sont normalement couverts par une alimentation diversifiée. L’intérêt d’une augmentation artificielle de ces apports est donc relatif.

La législation européenne

La législation européenne interdit aux producteurs d’alicaments de vanter leurs produits par des allégations faisant état de prévention, traitement ou guérison de maladies humaines.

Aux Etats-Unis ou au Japon, en revanche, les chewing-gums contre le Rhume côtoient des boissons préventives contre le cancer.

Se nourrir pour se soigner, une idée ancienne

En dehors de l’aspect « marketing » des alicaments, il est indéniable que l’alimentation a des effets directs sur l’état de santé d’une personne. Les affections les plus graves comme l’obésité et l’anorexie en témoignent.

Les campagnes publicitaires de prévention répétant qu’il faut manger des légumes, des fruits et limiter les matières grasses et le sucre reposent également sur ce principe.

De tout temps, bien avant l’invention de la nutrition, les hommes ont prêté à la nourriture des vertus magiques ou thérapeutiques.

C’est dans cette optique que l’on prête à certains aliments des propriétés particulières pour le traitement ou la prévention de troubles légers.

Quelques alicaments naturels

La nourriture serait la Première et la plus simple des médecines naturelles.

Ainsi, pendant l’hiver, pour renforcer son système immunitaire et son moral, on recommande la consommation d’aliments riches en vitamine C (kiwi, agrumes) et en Magnésium (légumes secs, céréales complètes, fruits oléagineux).

Parmi les plus alicaments naturels qui font le plus parler d’eux, on compte l’ail cru (qui aurait des propriétés antiseptiques, antibiotiques et antivirales), le Miel (antiseptique et adoucissant contre les maux de gorge et la toux) ainsi que les épices, notamment le Piment (pour son effet décongestionnant en cas de bronchite).

Les limites des alicaments

En dépit de la mode des alicaments élaborés par l’industrie agro-alimentaire et de la longue tradition qui prête des vertus thérapeutique à certains aliments, on ne se nourrit pas pour se soigner.

La complexité de l’alimentation, dans ses dimensions culturelles et affectives, interdit de l’assimiler à la seule ingestion de nutriments dosés au milligramme.

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Tag : alicaments, alicament, industrie agro-alimentaire, compléments nutritionnel



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