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Tours, Capitale Historique De La Soie

Moins connue que Lyon pour l’industrie de la soie, la ville de Tours n’en est pas moins le berceau de cet artisanat. Aujourd’hui, elle compte deux manufactures qui se sont spécialisées dans les produits de luxe destinés à l’exportation ou à des clients prestigieux.

Le berceau de l’industrie de la soie

Au XVème siècle, les étoffes de soie, alors très prisées, devaient être importées d’Italie. Pour réduire cette dépense de 400 000 à 500 000 écus d'or, le roi Louis XI décide en 1466 de développer une production nationale à Lyon. Les Lyonnais protestent et la fabrication est finalement déplacée à Tours où est implantée en 1470 la Première manufacture royale de soie.

Louis XI invite des artisans italiens et grecs à s’installer à Tours, ville qui compte 8 000 métiers à tisser en 1546 et devient la capitale de la soie.

Cette activité connaît son apogée sous le règne de François Ier : elle fait vivre alors 45% de la population locale.

La concurrence lyonnaise

En 1536, François Ier accorde une charte à deux commerçants, Étienne Turquet et Barthélemy Naris, pour développer la soierie à Lyon, puis en 1540, il donne le monopole de la production de soie à la ville de Lyon.

C’est le début de la concurrence entre les deux villes : la cour s’éloigne de la Touraine et les commandes passées à Tours se raréfient.

Les Guerres de Religion et la Révocation de l’Edit de Nantes font fuir vers l’étranger beaucoup d’entrepreneurs et de tisseurs locaux. L’introduction des indiennes, la maladie du ver à soie et la Première guerre mondiale sont autant de facteurs qui accentuent le déclin de cet artisanat.

Les manufactures de soie à Tours aujourd’hui

Cette partie du patrimoine tourangeau est aujourd’hui préservée dans les manufactures Jean Roze et Le Manach, qui perpétuent le savoir-faire des tisseurs.

La Première de ces deux entreprises s’est spécialisée dans les pièces de tissu destinées à l’ameublement depuis le début du XIXème siècle. Elle cherchait alors à résister à la concurrence de la soierie lyonnaise.

Les ateliers de la soierie Le Manach se sont spécialisés dans la reproduction ou la mise au goût du jour d’imprimés anciens, dont ils ont conservés les dessins originaux dans leurs archives. Pour réaliser ces imprimés qui datent de la Renaissance à la fin du XVIIIème siècle, ils ont conservé des postes de tissage à bras antérieurs à la révolution industrielle.

Prestige de la soie de Touraine

La soie de Tours est vendue au mètre à des décorateurs, aux familles couronnées ainsi qu’à des musées ou des châteaux. Chambord, le palais de l’Elysée et l’Orient Express figurent parmi les prestigieux clients qui se fournissent auprès des soieries de Tours.

Le prix de la soie varie entre 150 et 2500€ le mètre en fonction de la qualité, du mode de confection et de l’imprimé choisi.

Un projet prévoit la création d’un musée des Arts et techniques de la soie à Tours, pour rendre hommage à ce savoir-faire. Le couturier Hubert de Givenchy soutient ce projet et recherche des mécènes pour le financer, car il considère ces manufactures « participent au rayonnement de l’industrie française du luxe à travers le monde ».

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