La Suppression De L'ena : ça Change Quoi ?

La suppression de l'ENA : ça change quoi ?Image ©Daniel X. O'Neil

Le Président Emmanuel Macron a annoncé jeudi 8 avril 2021 la suppression de l'École nationale d'administration. L’ENA sera remplacée par un Institut du service public ou ISP. Plus qu’un simple changement de sigle, cette annonce devrait amorcer une réforme de la formation des futurs hauts fonctionnaires. On vous explique ce qui va changer.

Une annonce surprise

Le jeudi 8 avril 2021, Emmanuel Macron a annoncé, à la surprise générale, la suppression de l'École nationale d'administration (ENA). La prestigieuse et très sélective école avait été créée en 1945 par le général De Gaulle.

Le président de la République qui a lui même fait l’ENA a ainsi tenu une promesse faite en avril 2019, à l’issue du grand débat national qui a suivi la crise des gilets jaunes.

C’est une promesse que l'on croyait oubliée avec la crise sanitaire mais que le chef de l’État a honorée afin, a-t-il déclaré de "changer radicalement la manière dont on recrute, dont on forme, dont on sélectionne, dont on construit les parcours de nos hauts fonctionnaires".

Emmanuel Macron a également annoncé la création d’un nouvel Institut du service public dès le 1er janvier 2022.

Un nouvel Institut du service public

Pour la formation des futurs hauts fonctionnaires français, l'ENA sera donc remplacée par un Institut du service public (ISP).

Tout comme l'École nationale d'administration actuellement, cet institut sera installé à Strasbourg, à proximité des institutions européennes.

L’ENA avait en effet déménagé ses locaux de Paris à Strasbourg en 1991.

Ce nouvel institut constituera une école de la haute fonction publique civile et assurera la formation initiale et continue des futurs administrateurs de l'État.

Un tronc commun à treize écoles

Le futur Institut du service public devant s’installer à Strasbourg comme l’ENA avant lui, l’annonce du Président Emmanuel Macron pourrait apparaître comme un "tour de passe-passe", un simple changement de sigle...

Mais la réforme devrait être plus profonde que cela. Le chef de l’État a en effet annoncé que le nouvel ISP proposerait un tronc commun d'enseignements avec treize autres écoles de service public, dont l’École nationale de la magistrature, l’Institut national des études territoriales et les écoles d'application de Polytechnique ...

Cette formation commune portera sur les transitions écologique et numérique ainsi que sur les principes républicains afin que "l'ensemble des élèves fonctionnaires maîtrisent ce socle".

Une réforme des diplômes et des affectations

Les concours actuellement organisés par l'ENA continueront de l'être par le nouvel Institut du service public.

L’ISP devra cependant construire un partenariat fort avec les universités afin de proposer des diplômes reconnus à l'échelle européenne et internationale et d’être plus "ouvert sur le monde de la recherche et l’international".

Les élèves du futur ISP auront en outre la possibilité de changer d'orientation.

Des changements s’annoncent aussi en matière d'affectations : le classement de sortie est maintenu, mais la titularisation vers les grands corps (tels que le Conseil d'Etat, la Cour des comptes ou les corps d'inspection ministériels) ne pourra plus se faire à la fin de la formation initiale.

À la fin de leur scolarité, les élèves fonctionnaires seront affectés dans un corps unique baptisé "corps des administrateurs de l'État".

Avant d’espérer une titularisation dans des corps tels que le Conseil d'État ou la Cour des comptes ils devront justifier de plusieurs années d'exercice sur le terrain, sur des missions opérationnelles, "sans doute cinq à six ans après la sortie de l'Institut de service public", a indiqué Emmanuel Macron.

Alors que la déconnexion des élites avait suscité de vives critiques, le chef de l’État entend bien remédier à ce problème : "le terrain devient la première compétence qui est attendue des administrateurs de l'Etat", a-t-il déclaré.

De plus, le nouveau système d’affectation permettra aux fonctionnaires "de ne pas être assignés à une filière ou à un métier de manière définitive".

Tandis que l’Élysée évoque "un changement inédit depuis 1945, un changement en profondeur des parcours et de la formation des hauts fonctionnaires", l’annonce de cette réforme soulève déjà de vives réactions, notamment de la part de l'association des anciens élèves de l'ENA.

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