Les Messages Nutritionnels

La télévision depuis longtemps accusée de contribuer au développement de l’obésité, en particulier chez les enfants et les adolescents, participe désormais à la lutte contre la malbouffe. Depuis le 1er mars 2007, toute publicité vantant un produit alimentaire doit en effet être accompagnée de messages nutritionnels.

Le contenu des messages

Vous les avez sans doute déjà remarqués : sous forme de bandeau au bas de l’écran ou d’écran, des messages nutritionnels accompagnent depuis peu les spots publicitaires de produits alimentaires, par exemple les biscuits et chocolats de la marque Kinder, ou les pubs de Mc Donalds.
Ces messages délivrent les recommandations suivantes : "pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas", "évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé" "pratiquez une activité physique régulière" ou encore "mangez au moins cinq fruits et légumes par jour".

La législation

L’arrivée de ces messages nutritionnels était attendue sur le petit écran depuis qu’une loi de santé publique avait été votée en août 2004, dans le but de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les enfants, aux risques pour la santé d'une mauvaise nutrition, et de prévenir l'obésité.
Les produits concernés sont les boissons avec ajouts de sucre, de sel ou d'édulcorant de synthèse et les produits alimentaires manufacturés (avec des ajouts ou ayant subi une transformation de leur substance), selon la note explicative du ministère.
Les entreprises qui dérogeraient à la règle devront s'acquitter d'une taxe de 1,5% du montant de leurs investissements publicitaires.
Cette somme sera reversée à l'Institut national pour la prévention et l'éducation à la santé.

L’ampleur de la mesure

Ces messages nutritionnels sont apparus simultanément dans tous les médias et sur tous les supports publicitaires : affichage dans la rue, imprimés et prospectus publicitaires ou promotionnels, dans la presse écrite ainsi qu’à la radio.
L’ampleur des moyens mis en œuvre se justifie par la progression de l’obésité en France où 440 000 nouveaux cas d’obésité sont recensés chaque année.
La tranche d’âge des 5-12 ans est particulièrement touchée par ce problème (10% des enfants sont concernés par l’obésité contre 5.9% pour l’ensemble de la population).
C’est pourquoi la campagne de prévention vise tout particulièrement ce public, auquel sont adressés des messages adaptés, employant notamment le tutoiement.
Cette mesure semble d’autant plus nécessaire que 89 % des 285 pubs destinées aux enfants font la promotion de produits trop gras ou trop sucrés, selon l’UFC-Que Choisir.

Critiques de cette mesure

Il apparaît que le message ne fait pas le poids face au pouvoir attractif du spot. Près de 40 % des adultes et 57 % des enfants ne le voient pas.
L’UFC-Que Choisir a réalisé une étude sur une publicité de barre céréalière Lion assortie du message légal "évitez de manger trop gras, trop salé, trop sucré". Il en ressort qu’une bonne partie de ceux qui ont vu le message et s’en sont souvenu l’ont interprété comme le signe que le produit en question (qui contient près de 30% de sucre) n’était ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré.
Les téléspectateurs étant généralement peu attentifs au contenu des messages publicitaires, il est à craindre que les messages nutritionnels ne créent la confusion dans les esprits.
Plus grave, des difficultés de compréhension sont particulièrement repérées chez les catégories socioprofessionnelles défavorisées et les enfants en situation de surpoids.
On peut alors se demander si ces recommandations toucheront vraiment les personnes concernées ou ne feront qu’accroître la méfiance de celles qui sont déjà sensibilisées à la question de l’équilibre alimentaire.

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