La Course Des 24 Heures Du Mans : Comment Suivre L'épreuve

La course des 24 heures du Mans : Comment suivre l'épreuve

Le Mans, ville mondialement connue de la Sarthe grâce à sa célèbre course d'endurance, attire la foule chaque année. Les 24 heures rassemblent plus de 230 000 passionnés sur un week-end! Entre amateurs, curieux, experts et professionnels, Gralon vous donne les clés pour suivre la course avec efficacité et enthousiasme.

L'épreuve

Le Mans, ou comment créer une légende dans le petit monde de l'automobile. L'épreuve intrigue, la course fascine et l'ambiance séduit, à quelques exceptions près... Franck Montagny, l’un des pilotes de la Peugeot 908 confie : "Le Mans ? Au départ ce n’était pas une légende pour moi. Je suis venu par hasard. Après un accident en Formule Renault où je me suis blessé aux deux chevilles, Henri Pescarolo m’a invité à participer avec lui à ces 24 Heures du Mans. Et puis quand je me suis retrouvé là j’ai fait ‘‘ Wouah ’’ ! C’était autre chose."

Tout commence en 1920. L'Automobile Club de l'Ouest souhaite mettre en avant l'évolution du progrès technique de l'automobile. En 1922, le club annonce la création d'un nouveau type de compétition dans la Sarthe, une épreuve d'endurance. Le principe est nouveau : des équipes de deux pilotes par voiture se relaieraient jour et nuit. L'idée est lancée.
Les 26 et 27 mai 1923 se déroule la première édition de cette nouvelle compétition et comptabilise 33 équipes sur la grille de départ. Les premiers titrés seront André Lagache et René Léonard sur une Chenard & Walcker. Ils ont couvert 128 tours à la moyenne de 92,064 km/h.

L'an dernier, l'Audi victorieuse a couvert 5 405,472km à 225,228km/h de moyenne.
À titre de comparaison, le kilométrage d'une saison complète de F1 est de 5 793,729km, avec le seul Grand Prix d'Italie bouclé à plus de 230km/h de moyenne. Pour résumer : le vainqueur du Mans n'est pas loin de boucler en 24 heures le kilométrage d'une saison complète de F1, et ce à un rythme supérieur! Vous vous rendez compte!

Aujourd'hui, les 24 Heures du Mans ont lieu chaque année le 2e ou 3e week-end de juin. Le rendez-vous est incontournable pour les passionnés de sports mécaniques. L'épreuve est la plus ancienne et la plus prestigieuse des courses d'endurance pour automobile de sport et Sport-Prototypes.


Le circuit

La piste, mesurant 13,629km, emprunte une partie du circuit Bugatti et comporte une grande partie de route nationale. Les passages les plus célèbres sont les virages du Tertre Rouge, Mulsanne, Arnage et la ligne droite des Hunaudières, longue de presque 6km et où les prototypes maintenaient une vitesse de près de 400km/h pendant une minute (le record de vitesse du circuit est de 405km/h).

Cette portion du circuit a été divisée en trois lignes droites par l'installation de deux chicanes en 1990. Ces chicanes ont pour but de limiter la recherche de la vitesse maximale par des réductions d'appuis aérodynamiques trop importants et de limiter par conséquence les différences de vitesse entre concurrents. L'envol de certains véhicules était dû à la géométrie de la piste avec un changement de plan qui pouvait créer un décrochage aérodynamique suivant leurs configurations et réglages aérodynamiques. La bosse a été aplanie pour l'édition 2001.

Le record de la plus haute vitesse moyenne sur un tour en course appartient à Loïc Duval sur Peugeot 908 HDi FAP avec un temps de 3'19'' 074, soit 246,463km/h de moyenne, réalisé lors de l'édition 2010. Il a ainsi battu le précédent record sur ce tracé, détenu jusque là par Stéphane Sarrazin (Peugeot 908 HDi FAP / 2008), qui avait roulé en 3’19’’394 deux ans auparavant.

Mais le record des essais reste encore à battre puisqu’en 2008, Stéphane Sarrazin avait claqué un fabuleux 3’18’’513. Le record absolu de vitesse sur le circuit manceau date de 1971, à une époque où la ligne droite des Hunaudières ne possédait pas de chicane. C’est alors Jackie Oliver, sur une Porsche 917, qui avait établi un record historique, en 3’18’’4.


Les catégories

Les voitures qui participent à cette épreuve sont réparties en plusieurs catégories.
La première étant celle des prototypes : LM P1 (anciennement LMP900) et LM P2 (anciennement LMP675) et la seconde regroupe les voitures de Grand Tourisme, à savoir les LM GTE (anciennement GT2) divisée en deux classes : GTE Pro et GTE Am.

"LM" signifie "Le Mans" et "LM P" "Le Mans Prototype". "GTE" signifie "Grand tourisme Endurance", "Pro" pour "professionnel", "Am" pour "amateur".

Quatre catégories sont présentes cette année au Mans, suivant le nouveau règlement 2011 avec deux familles : les prototypes et les Grand Tourisme. Chaque catégorie donne lieu à un podium alors que le classement général concerne tous les concurrents engagés.

LMP1 : Ce sont les prototypes les plus rapides. Ils visent la victoire au général. Les favoris sont les deux équipes usines (Audi et Peugeot), toutes deux représentées par deux nouvelles voitures, la R 18 pour Audi, la 908 (deuxième génération) pour Peugeot. Les deux rivales arrivent avec des moteurs diesel. En outsider, outre la 908 première génération vue l'an dernier et confiée à l'équipe Oreca, on retrouve des écuries privées équipées de moteurs à essence. Les fers de lance en sont Pescarolo, OAK Racing (qui aligne deux Pescarolo évoluées) ou Aston Martin (avec deux prototypes qui devraient toutefois souffrir d'un manque de fiabilité).

LMP2 :Il s'agit de prototypes moins puissants et confiés à des équipes privées composant avec des budgets moins élevés. On n'y retrouve que des protos essence. Les favoris sont les Oreca, celle dite officielle (numéro49) et celles vendues à d'autres équipes comme l'écurie Signature avec la Signatech-Nissan. Le OAK Racing y est également présent avec deux protos Pescarolo à la fiabilité éprouvée. A noter également les présences des Lola toujours au rendez-vous et d'une Honda.

GTE Pro : Ce sont les nouvelles égéries du Grand Tourisme succédant aux GT1 de l'ancien règlement. Il s'agit de voitures plus proches des anciennes GT2, en bref des évolutions de routières devant être produites à au moins 100 exemplaires pour les grands constructeurs. On y retrouve BMW, Ferrari, Lotus, Ford, Porsche et Aston Martin. C'est le soixantième anniversaire de la première participation de Porsche, marque la plus titrée au Mans. Mais BMW revient en force avec ces M3 très rapides et Ferrari avec la toute nouvelle 458 Italia. Aston Martin engage la Vantage alors que Lotus avec la Evora et Ford avec la GT héritage de la mythique GT 40 arrivent avec l'ambition de bien figurer.

GTE Am : Place aux amateurs et gentlemen drivers puisque un seul pilote professionnel est autorisé ! Corvette avec la C6 arrive encore en favori mais les Ferrari F430 sont des outsiders de poids. Une Aston Martin Vantage, une Ford GT et une Porsche tenteront de jouer leurs cartes.

Chacun sa course
Pour cette édition 2011, dans la catégorie LMP2, l'Oreca Nissan n°48 mène les débats devant une autre Nissan Zytec du team Greaves Motorsport. En GTE Pro, la Chevrolet Corvette n°74 résistait aux assauts de la Ferrari 458 Italia n°59 et de la Porsche 911 n°55. Chez les gentlemen drivers de la GTE Am, la Porsche 911 RSR n°70 devançait la Chevrolet Corvette n°50 engagée par la même structure, Labre Competition.


Les accidents

Ce qu'il faut, aussi et malheureusement, prendre en compte sur une épreuve comme les 24 heures du Mans, ce sont le nombre et la gravité des accidents rencontrés. Avec les vitesses élevées qui sont associées au Mans, la piste a vu un grand nombre d'accidents; certains ont été mortels aux pilotes mais aussi aux spectateurs.

Le pire moment dans l'histoire du Mans est l'accident survenu durant l'édition du 11 juin 1953 au cours de laquelle plus de 80 spectateurs, ainsi que le pilote Pierre Levegh, sont tués par l'envol de la Mercedes 300 SLR de ce dernier.
Cette catastrophe a eu l'effet d'une onde de choc dans le monde des sports automobiles. Suite à cela nombreuses ont été les suppressions de courses principales et mineures en 1955, telles que les Grands Prix de France, d'Allemagne et de Suisse, ce dernier pays bannissant jusqu'en 2007, toute compétition motorisée sur circuit sur son territoire. L'accident a quand même eu des répercussions positives puisque qu'il a aboutit à de nouvelles règlementations sur la sécurité des pilotes et des spectateurs dans toutes les catégories de sports motorisés.

Tout aussi tragique, l'accident de Jo Gartner en 1986. Il se tue au volant d’une Porsche 962C qui s'est brisée sur les barrières de la ligne droite de Mulsanne. Son accident mortel est le plus récent pendant la course elle-même, toutefois on note un autre décès en 1997, celui de Sébastien Enjolras sur WR lors des essais préliminaires. Suite à l'envol de sa voiture, il retombe sur le rail de sécurité.

Dans la série des accident liés à un décollage, la fatalité frappe de nouveau Mercedes-Benz, bien que sans conséquence mortelle. La CLR Mercedes-Benz de 1999 souffrait d’instabilité aérodynamique et transformait ces voitures en avions.
Après une première alerte le jour des qualifications, où la CLR numéro 4 conduite par Mark Webber décolle de l'avant et s'immobilise le long des rails, Mercedes déclare avoir résolu le problème. Cependant, lors du "warm up" quelques heures avant la course, la même voiture réparée avec le même pilote reprend un envol et se retrouve sur le toit, puis un nouvel accident se produit en course.
La CLR numéro 5 de Peter Dumbreck s’envole à plusieurs mètres de hauteur en tournoyant, passe au-dessus des rails de sécurité et va s’échouer dans les bois plusieurs mètres plus loin. Aucun conducteur n'est sérieusement blessé dans ces trois accidents, mais Mercedes-Benz retire rapidement la voiture restante en course et, par la suite, arrête son programme de développement de voitures de sports prototype.


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Tag : 24h du mans, 24 heures du Mans, course d'endurance, sarthe, automobile, pescarolo, accident aux 24h



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