Réforme De La Formation Professionnelle Et De L'apprentissage : à Quoi Doit-on S'attendre ?

Réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage : à quoi doit-on s'attendre ?

Le 25 octobre dernier, Edouard Philippe a présenté le projet du gouvernement pour la refonte de l'apprentissage et de la formation professionnelle. En novembre, des groupes de travail associant toutes les parties prenantes (partenaires sociaux, chambres consulaires et régions) seront mis en place par les ministres du Travail et de l'Éducation nationale. Ils devront faire connaître leurs propositions d'ici à fin janvier 2018. La réforme de la formation professionnelle est annoncée pour le printemps 2018 et celle de l'apprentissage pour l'automne. Alors à quoi peut-on s'attendre ? Voici quelques éléments de réponse.

Transformer le système actuel

Dès la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a fixé certaines orientations pour la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

Il a notamment affirmé sa volonté de préparer les jeunes aux nouveaux métiers et de former la population active aux évolutions techniques et technologiques.

Dans une interview accordée au JDD début novembre, la ministre du Travail Muriel Pénicaud déclarait quant à elle ne pas vouloir "se limiter à une réformette", mais plutôt opérer une transformation du système en collaboration avec les partenaires sociaux, les régions, les chambres consulaires et les praticiens de terrain.

L'objectif affiché est de simplifier un système jugé opaque et coûteux :
=> en facilitant l'embauche des jeunes en alternance
=> en assouplissant l'accès au CPF

Revaloriser l'apprentissage

La ministre du Travail rappelait récemment que seuls 7% des jeunes Français sont apprentis, contre 15% en Allemagne, alors que l'apprentissage est une voie de réussite avec plus de 70% d'emplois stables à l'issue de ce cursus.

Même si les précédents gouvernements en ont déjà fait une priorité, le nombre d'apprentis en France peine à progresser. Fin 2015, ils étaient à peine plus de 400.000.

Pour inciter les jeunes à choisir cette voie, Muriel Pénicaud souhaite explorer plusieurs pistes comme :
=> rendre possible la préparation d'une licence professionnelle sur 3 ans en alternance
=> donner la possibilité d'entrer en apprentissage toute l’année, sans forcément respecter le calendrier scolaire
=> intégrer les cursus d'apprentissage sur la plateforme Affelnet, le dispositif d'inscription informatisé au lycée.
=> développer massivement l'offre des entreprises en direction des moins de 25 ans, afin de former plus de jeunes en alternance.

A l'issue des réflexions des groupes de travail associant partenaires sociaux, chambres consulaires et régions, le fonctionnement de l'apprentissage devrait être profondément modifié.

Il y sera vraisemblablement question du parcours et du statut des apprentis, de l'organisation des centres de formation, des diplômes et titres, ainsi que du mode de financement.

La taxe d'apprentissage et les aides à l'apprentissage devraient être réformées pour mieux répondre aux besoins des employeurs à court et moyen termes.

Renforcer la formation professionelle

En ce qui concerne le compte personnel de formation ou CPF, le gouvernement n'envisage pas de revenir sur cet outil, mais veut plutôt le rendre accessible à tous.

Jusqu'à présent, ce dispositif n'a pas changé la donne en matière de formation professionnelle. Sur 18 millions de Français concernés par ce compte, à peine 1% y a recours.

Pour promouvoir le CPF le gouvernement envisage notamment de lancer une application simple qui afficherait pour chaque actif le nombre d'heures sur son compte, les offres d'emploi dans sa région, les formations qui y préparent et leur taux d'insertion...

Muriel Pénicaud a aussi affirmé vouloir mieux contrôler les organismes de formation en conditionnant les financements publics à une certification, avec obligation de publier les taux d'emploi à l’issue de la formation. L'objectif de cette mesure serait d'éliminer les organismes de formation les moins sérieux.

Enfin, la ministre du Travail planche sur le moyen d'injecter dans le contrat d'apprentissage les souplesses du contrat de professionnalisation.

Par ailleurs, dès la fin septembre, Edouard Philippe avait annoncé qu'une enveloppe de 15 milliards d'euros sur 5 ans serait affectée à la formation professionnelle, dont 11 milliards pour financer les formations des chômeurs de longue durée et des jeunes peu qualifiés et éloignés de l'emploi.

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