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La Naissance De La 2cv

Voiture emblématique de la maison Citroën, la 2CV a traversé la deuxième moitié du XXème siècle en suscitant un engouement populaire jamais vu pour une automobile. Produite par Citroën entre 1949 et 1990, cette voiture robuste, pratique et nécessitant un entretien des plus sommaires est devenue un symbole puis un objet de collection. « Plus qu’une voiture, un style de vie », pouvait-on lire dans la presse à la fin des années 40.

Les origines de la 2CV

En 1935, la marque Citroën est rachetée par Michelin, le célèbre constructeur de pneumatiques et les frères Michelin ont l'idée de créer une voiture bon marché pour les paysans et les classes sociales à faibles revenus. A leur demande, Pierre-Jules Boulanger, connu pour être l’instigateur de la Traction, lance dès 1936 le projet d’une TPV (Très Petite Voiture). Boulanger écrit le cahier des charges de ce modèle : « quatre roues sous un parapluie », avec quatre places assises, 50 kg de bagage transportable, 2 CV fiscaux, traction avant, 60 km/h en vitesse de pointe, boîte à trois vitesses, facile d'entretien, possédant une suspension permettant de traverser un champ labouré avec un panier d'œufs sans en casser un seul, et ne consommant que 3 litres d'essence aux 100 km. L’équipe qui l’entoure comprend André Lefebre et Flaminio Bertoni. Le premier prototype de 2CV sort des ateliers en 1937, équipé d’un moteur de moto 500 cm3.

Avancée difficile du projet pendant la guerre

La guerre interrompt le développement de celle que l’on surnomme aussi la « 2 pattes ». Pour conserver la confidentialité, les prototypes de 2CV existants sont cachés, parfois même en pièces détachées. Toutes les « Type A » déjà assemblées à l'usine de Levallois-Perret sont démontées sauf trois, qui sont cachées à La Ferté-Vidame dans les greniers du centre d'essai, et une autre, cachée dans les sous-sols du bureau d'étude de Citroën, avenue de l'Opéra.

Même si les études sont longues et contraignantes pendant la période de l'occupation, pendant les six années de guerre, Pierre-Jules Boulanger apporte quelques améliorations à sa TPV. Les matériaux coûteux, comme le Magnésium devenu introuvable, sont abandonnés. Le moteur reste encore longtemps refroidi par eau mais cela pose des problèmes de gel à basse température.

Présentation de la 2CV au Salon de l’automobile de 1948

Le 7 octobre 1948, au Salon de l’automobile, la 2CV crée l’évènement. Citroën y présente la type A sous sa forme presque définitive, ne possédant pas encore un démarreur électrique. Le souci d'économie qui a présidé à la construction de ce modèle a conduit à des solutions techniques parfois minimalistes, comme les essuie-glace actionnés par le compteur de vitesse.

Les premières critiques sont grinçantes. La 2CV est déjà traitée de boîte à sardines à cause de sa capote longue et son allure décontenance les habitués des Citroën historiques.

Cette voiture a pourtant un grand impact auprès de la population ayant de faibles revenus et le grand public l’adopte finalement très rapidement. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne laisse personne indifférent.

Les débuts de la production de 2CV

La production de la 2CV type A commence en 1949, avec un modèle unique et une seule couleur disponible. Le succès aussi colossal que rapide de ce modèle provoque des « embouteillages » dans le processus de fabrication et allonge les délais. Il n’est pas rare d’attendre plusieurs années (3 à 5 ans) pour récupérer sa 2CV. A cette époque, elle est plus chère d'occasion que neuve, parce qu'il n'y a pas de délai. Sa longue carrière ne fait que commencer mais Pierre-Jules Boulanger, qui trouve la mort en 1950 dans un accident de voiture à bord d'un prototype, ne verra pas le grand succès de sa création.

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