Le Jeu D'échecs

Le jeu d’échecs jouit d'un prestige particulier en Occident où il est surnommé « le roi des jeux ». Ce jeu de stratégie combinatoire abstrait est désormais reconnu en tant que discipline sportive. En 2004, la Fédération Française des Echecs (FFE) comptait plus de 53 000 licenciés regroupés dans 920 clubs.

Le principe du jeu

Le jeu d'échecs se joue à deux joueurs sur un plateau composé de soixante-quatre cases alternativement claires et sombres, l’échiquier. Les joueurs y font évoluer huit pièces et huit pions clairs (les « blancs ») ou sombres (les « noirs »). Les joueurs jouent alternativement, les blancs jouant toujours le premier coup. Chaque pièce du jeu dispose d'un mode de déplacement spécifique et chaque pièce prise par l’adversaire est retirée du jeu.

Le but du jeu est de créer une situation qui rend la prise du roi adverse imparable. Lorsque le roi est menacé de prise, on dit qu'il est en échec. Si le joueur ne peut éviter la prise de son roi, il y a échec et mat et la partie se termine. Le terme échec et mat vient du persan Säh Mäta, « le roi est mort ».

Les origines légendaires des échecs

Les origines très anciennes de ce jeu sont associées à différentes légendes. La plus célèbre d’entre elles raconte que le roi indien Belkib, qui régnait 3 000 ans avant notre ère, cherchait à tout prix à tromper son ennui et promit une récompense à qui lui proposerait une nouvelle distraction. Le sage Sissa lui aurait donc présenté le jeu d'échecs.

En récompense, Sissa aurait demandé au prince de déposer un grain de blé sur la Première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l'échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince accorda cette récompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu'il venait de signer la mort du royaume car les récoltes de l'année ne suffiraient pas à s'acquitter de ce prix. En effet, il faudrait déposer sur l'ensemble de l'échiquier plus de dix-huit milliards de milliards de grains.

Une autre légende, grecque celle-ci, situe l'invention du jeu durant la Guerre de Troie. Palamède, l'un des héros grecs, aurait inventé le jeu pour remonter le moral des troupes durant le siège de la cité en 1240 av. J.-C. Cette légende amena les créateurs de la Première revue d’échecs à lui donner pour nom Le Palamède.

L’origine historique des échecs

L’origine du jeu d’échecs reste un sujet controversé. Son ancêtre connu le plus ancien est un jeu indien, le chaturanga, dont les traces les plus anciennes sont datées entre les Vème et VIIème siècles. Deux textes sanskrits mentionnent l'existence de ce jeu sans donner d'autres informations.

Aux alentours de l’an 600, le jeu se propage jusqu’en Perse où il devient le chatrang. Les Arabes qui envahissent la Perse l’adoptent ensuite sous le nom de shatranj. Le jeu connaît un développement remarquable : les premiers champions et les premiers traités remontent aux IXème et Xème siècles. Les pièces sont alors stylisées en raison de l’interdiction religieuse de représenter des êtres animés.

Le jeu d’échecs en Europe

Le jeu échecs est sans doute entré en Europe par l’Espagne musulmane aux alentours de l'an mille. Charlemagne reçut de la part du calife Haroun al-Rachid un jeu aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Nationale de France. L’échiquier et les pièces s'occidentalisent : le plateau devient bicolore avec les cases rouges et noires (qui deviendront plus tard blanches et noires), le vizir devient la reine ou dame.

L’évolution la plus importante a lieu vers 1475 en Espagne lorsque les mouvements limités de la reine et du fou sont remplacés par ceux qui prévalent actuellement.

On estime que les règles du jeu moderne sont à peu près établies vers 1650.

Le jeu d’échecs moderne

C'est durant la seconde moitié du XIXème siècle qu'émergent les échecs modernes et que se déroulent les premières compétitions internationales. Le style Staunton (aspect des pièces le plus courant, reconnu internationalement) date de 1850.

Au XXème siècle, l'URSS assure une promotion très active du jeu d’échecs et domine largement cette discipline. Durant la guerre froide, les championnats du monde prennent une véritable dimension politique : Bobby Fischer est le premier occidental à défier les Soviétiques au plus haut niveau.

Jeu d’échecs et informatique

À la fin du XXème siècle, l'attention des médias se concentre sur l'opposition entre l'homme et la machine.

En 1995, IBM n'hésite pas à investir très lourdement dans le projet Deep Blue, dont la seconde version, Deeper Blue, sera la Première machine à battre un champion du monde dans un match faisant appel à un contrôle de temps traditionnel.

La capacité à jouer aux échecs est l'une des premières manifestations de ce qui est alors considéré comme de l'intelligence artificielle. Cette perception du jeu d’échecs comme l’expression de l'intelligence humaine est largement responsable de la dramatisation des affrontements entre Gary Kasparov et la machine Deep Blue. La défaite du champion humain marque fortement les esprits.

Le jeu d’échecs aujourd’hui

Les femmes ont fait leur apparition dans le domaine longtemps masculin des échecs. Ainsi, depuis avril 2003, Judit Polgár figure régulièrement parmi les dix meilleurs joueurs mondiaux au palmarès de la Fédération internationale des échecs.

En France, depuis août 2000, le jeu d’échecs est un sport reconnu par le Ministère de la Jeunesse et du Sport. De nombreuses compétitions sportives sont organisées partout dans le monde et, depuis peu, l'entrée de ce jeu aux Jeux Olympiques est fortement discutée.

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