Essai Ducati Monster 696

Essai Ducati Monster 696

Pas facile de faire évoluer une machine qui a marqué l’histoire de la moto. À l’instar d’une Yamaha XT 500, la Monster a inscrit quelques unes des plus belles pages du livre des deux-roues. Après 15 ans de succès et d’évolutions plus ou moins chanceuses, il est temps de clore ce long chapitre, mais l’histoire n’est pas finie… bien au contraire !

Nostalgie

Je m’en souviens comme si c’était hier. Assis sur ma chaise au fond de la classe en cours d’allemand, les déclinaisons imbuvables de la langue teutonne n’effleuraient même plus mes tympans. Seuls un article et surtout les photos du Moto Journal étalé discrètement sur mes genoux accaparaient toute mon attention : la Ducati Monstro 900 venait de débarquer ! Un moteur, un cadre, un réservoir et un guidon posés sur deux roues : le strict minimum pour une machine définissant à merveille l’essence même de la moto. Une pureté et une bestialité naturelle qui faisait vibrait la fibre passionnelle naissante d’un jeune lycéen… et de toute une génération de motards.

ESPRIT ES-TU LA ? Ducati Monster 696

Monstro, puis Monster, 900, 750, 620, S4, S4R, S2R, S4RS… La firme de Bologne a, depuis 15 ans, décliné son best-seller en long en large et en travers. Ces multiples évolutions étaient chaque fois attendues avec impatience, mais ont aussi quelque peu agacé ceux, dont je fais partie, qui espéraient chaque année voir le monstre se fendre d’une véritable métamorphose. Ducati a pris son temps, et on peut le comprendre, car il n’est pas simple de faire évoluer en profondeur une machine avec autant de personnalité. Il fallait garder l’esprit de la Monster. Soyons clair : le pari est réussi ! On reconnaît au premier coup d’œil les lignes inimitables du roadster mythique. Un dos bombé, un avant plongeant et agressif, un cul minimaliste, et des entrailles bien visibles. Le nouveau 696 est bien un Monster, et ajoute à la brutalité des modèles précédents un design léché et un charme technologique qui fait enfin entrer cette machine dans l’ère moderne du 21e siècle. Fourche inversée de 43 mm, doubles étriers 4 pistons à fixation radiale, optique ultra-plat, instrumentation entièrement numérique, bras oscillant de gros volume, finition aux petits oignons… L’équipement est à la hauteur des prétentions de la bête. De là a dire que la Monster 696 est une œuvre d’art, il n’y a qu’un pas que le staff de Ducati franchit allégrement. Lors de cette présentation officielle, chaque pièce majeure de la moto était mise en valeur telle une sculpture ou la dernière toile d’un maître contemporain. Sans aller jusque là, et même si on aime aussi les Italiens et leurs machines pour leur excentricité, il est vrai que la conception et la qualité de fabrication de la nouvelle Monster ont été particulièrement soignées.

REVENONS SUR TERRE…

Même si c’est très important, ce n’est pas tout d’être une gravure de mode. Les coups de crayons heureux des designers sont étroitement liés à l’effervescence des méninges des ingénieurs. Chaque pièce a été pensée pour être belle et efficace. Le cadre a vu les dimensions de ses tubes augmenter et sa partie arrière tronquée pour laisser la place à une pièce en alliage d’aluminium moulée. Le réservoir se prolonge maintenant sous la selle, gagne 1 litre de contenance, et permet de loger devant lui une grosse boîte à air de 10 litres. Ces deux éléments sont habillés par trois caches qui forment le faux réservoir au design particulièrement réussi avec ses deux entrées d’air qui libèrent de la place au niveau de la colonne de direction, et permettent de réduire légèrement le rayon de braquage. La mécanique a elle aussi été revue de fond en comble. Même si on retrouve l’antique bicylindre en L 4 soupapes à refroidissement par air, des évolutions au niveau de l’injection, de l’admission, des chambres de combustion et de l’échappement lui permettent d’afficher la puissance unitaire de 115ch/litre, la plus importante jamais obtenue par Ducati sur ce genre de moteur. Malgré sa cylindrée inférieure, la 696, avec ses 80 ch à 9 000 tr/min, est plus puissante que la Première Monstro 900 (78 ch à 8 250 tr/min) et son couple de 7 mkg à 7 750 tr/min n’est pas loin de celui de son ancêtre (7,4 mkg à 6 750 tr/min). Je finirais cette avalanche de chiffre par le poids à sec de la bête, qui perd 7 kg par rapport au modèle de l’année dernière pour se stabiliser à 161 kg, ce qui fait de la Monster 696 le roadster le plus léger de sa catégorie. Plus de puissance, moins de poids, qu’est-ce qu’on attend pour démarrer ?!?

DU SPORT DANS L’AME

Autant je suis fan de l’esprit de la Monster, autant je n’accrochais vraiment pas avec sa position de conduite. Guidon très large et plat, buste complètement basculé sur l’avant… pas vraiment pratique et naturel. Bonne surprise ! En rapprochant la selle du guidon de 2 cm, je me sens tout de suis plus à l’aise aux commandes de la nouvelle 696. On retrouve enfin une position plus typée roadster. Les motard(e)s de petite taille vont être contents, surtout que la selle plutôt confortable, même si elle est trop inclinée, ne culmine qu’à 770 mm du sol. Petite pression sur le démarreur, le bicylindre italien se met en branle sans problème. Première enclenchée, c’est parti pour une petite virée dans la périphérie de Barcelone. Le premier gros défaut de cette nouvelle Monster me saute tout de suite à la figure : son embrayage.

Voir l'essai Ducati monster 696 en intégralité sur 100pour100moteur.

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