Dons Et Pétitions En Ligne : La Cyber-bienfaisance En 5 Questions

Dons et pétitions en ligne : la cyber-bienfaisance en 5 questions

Et si les réseaux sociaux, non contents de maintenir les liens avec nos proches, nous permettaient aussi d'être plus solidaires... avec des inconnus ? Depuis quelques années déjà, on constate que la solidarité s'organise sur ces réseaux et que certains internautes n'hésitent pas à voler au secours des autres. Nous vous proposons de découvrir cette cyber-bienfaisance en 5 questions.

1- En quoi consiste cette nouvelle bienfaisance ?

Selon le panorama national des générosités de la Fondation de France paru en avril 2018, en France, entre 2000 et 2017, les associations caritatives ont vu les dons des particuliers progresser de 70%, en grande partie grâce au numérique.

La cyber-bienfaisance passe également par le financement participatif ou crowdfunding en anglais ou encore par le bouton Facebook "Faire un don".

Mais la solidarité en ligne prend parfois d'autres formes que le don d'argent : messages de soutien, partage de bons plans et de conseils, dons en nature...

Un simple hashtag sur les réseaux sociaux, un partage ou un like peuvent aussi parfois déplacer des montagnes, comme l'a démontré le mouvement #MeToo.

2- Quelles sont les raisons de ces élans solidaires ?

Sur Facebook ou Twitter, certains messages peuvent être relayés des milliers de fois et mobiliser des dizaines d'internautes.

Ainsi, sur Wanted Community Bordeaux, un appel pour un don de sang a permis de tripler la fréquentation d'un centre de collecte sur une journée.

Le registre émotionnel est un puissant levier pour retenir l'attention des gens et l'élan de solidarité sera d'autant plus grand si la personne qui demande de l'aide possède un lien de proximité avec les destinataires du message.

Concrètement, si vous exercez le même métier, si vous habitez la même ville ou si vous partagez un souvenir commun, les internautes se sentiront forcément plus impliqués et seront plus enclins à vous soutenir.

Paradoxalement, l'émotion ressentie derrière son écran n'empêche pas de passer à l'action. Bien au contraire, cette "distance de sécurité" aide parfois à agir : ainsi, des personnes qui évitent le regard d'un SDF dans la rue vont plus facilement lui proposer de l'aide via les réseaux sociaux...

La mobilisation est également plus forte quand une personnalité célèbre, comme le comédien Omar Sy, utilise sa notoriété pour soutenir une cause ou diffuser l'avis de recherche d'un jeune Américain disparu à Paris.

3- Quels sont les inconvénients ?

Si la cyber-bienfaisance est un phénomène bien réel sur Internet, elle a aussi des inconvénients et des limites.

Quand vous postez un message sous le coup de l'émotion, vous allez vraisemblablement obtenir des réactions et des réponses, y compris plusieurs mois après les faits.

Ce décalage temporel peut parfois poser problème. Ainsi, certains "lanceurs" de mouvements de solidarité se retrouvent parfois dépassés par les conséquences de leur message, au point de supprimer leur post.

4- Est-ce efficace ?

L'usage des réseaux sociaux pour mobiliser l'opinion publique n'en reste pas moins très efficace. Liker et partager une information aide à la diffuser et lui donne de la visibilité.

Dans certains cas, un message dénonçant un abus peut même se transformer en mouvement sociétal comme #MeToo.

Dans certaines circonstances graves (comme une attaque terroriste ou une catastrophe naturelle), ces moyens de communication permettent aussi d'organiser la solidarité dans les minutes et les heures qui suivent l'événement tragique.

Mais, là encore, pour être vraiment utiles, les internautes doivent proposer leur aide au bon moment. L'élan général de générosité survient parfois trop tard, en décalage avec les événements.

5- Est-ce suffisant ?

La cyber-bienfaisance qui se manifeste sur Internet a donné naissance à un nouveau mot : le slacktivisme.

Ce mot-valise, issu de la contraction des mots anglais slack et activism, signifie littéralement "activisme mou".

Il est en effet plus facile de participer à une action ou une pétition en ligne quand on reste confortablement installé derrière son écran.

Comme cela ne demande pas beaucoup d'effort et n'engage pas la personne qui le fait, certains y voient un militantisme flemmard.

Mais, en réalité, ce premier pas effectué en ligne pourrait inciter les internautes à s'engager davantage sur le terrain.

Une étude américaine publiée en 2011 par l'université de Georgetown a en effet montré que les internautes qui "likent" sont deux fois plus susceptibles de s'engager bénévolement ou de se mobiliser autour d'un événement.

En conclusion : liker ou partager, c'est quand même participer et ce geste n'est pas aussi anodin qu'il en a l'air...

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