Jacques Attali : « Demain Qui Gouvernera Le Monde ? »

Jacques Attali : « Demain qui gouvernera le monde ? »

Dans son dernier essai <i>Demain qui gouvernera le monde ?</i>, Jacques Attali imagine les dernières heures du capitalisme occidental. L’économiste envisage l’éventualité d’un scénario apocalyptique sur les marchés financiers, anticipe l’effondrement économique mondial, et propose un ensemble de réflexions personnelles pour y pallier.

Entre chaos et solutions alternatives

Jacques Attali déplore le manque d’anticipation de la France et son inaptitude à envisager l’avenir, au-delà de l’échéance d’une élection présidentielle.

Face à la mondialisation et à la soumission des états aux marchés financiers, l’économiste suggère une restructuration des échanges internationaux par la création d’un état de droit mondial, fédérateur de règles de conduites politiques, financières, juridiques, militaires, et commerciales, unies sous une même législation.

Pour se développer, l’institution pourrait s’inspirer de la création de l’Europe, et de l’expérience, bonne ou mauvaise, qui en découle, tout en « préservant la valeur des échelons nationaux et régionaux ».

Emancipation des marchés, alerte à la « somalisation planétaire »

En perte de vitesse, noyée dans sa relation improbable aux créanciers de la dette publique, la France manque d’harmonisation fiscale et de souveraineté financière sur la gestion de ses caisses, au même titre que ses partenaires européens.

L’émancipation des banques pourrait métamorphoser le monde en « une gigantesque somalie, sous l’impulsion d’états criminels », infiltrant progressivement filiales des entreprises et réseaux politiques occidentaux, sans aucune régulation adéquate dans cette fulgurante ascension.

« Les inégalités s’aggravent pendant que les gestionnaires s’emparent de l’essentiel des richesses ». Jacques Attali tire une sonnette d’alarme afin de prévenir une dégradation accélérée des marchés : « Ce que nous avons expérimenté est moindre en comparaison de ce que nous risquons d’affronter si les états n’imposent pas leurs règles ».

Universel & contemporain

Jacques Attali propose la création d’un parlement mondial, apte à définir le meilleur gouvernement possible, via « un conseil de sept membres choisis pour sept ans, non rééligibles, qui symboliseront l’unité ».

Une alliance entre G20, Conseil de Sécurité et Comité Intermédiaire du fond monétaire. Soumis au contrôle de ces trois instances, l’Otan deviendrait alors une police mondiale, « une arme démocratique », ni tiède, ni opaque.

Non comme la position de l’armée française en Lybie ou en Côte d’Ivoire, d’après la position de l’écrivain.

Une mise en place d’institutions « totales » démocratiques pourrait éviter un chaos mondial d’une nature « totalitaire »

La globalisation comme l’interdépendance des états sont un fait. L’établissement d’une règle de droit mondiale serait une arme structurée de lutte contre la progression des états voyous, « pour éviter un retour à la barbarie ».

« Le marché est mondial. La démocratie est locale. Soit la démocratie s’élève à la taille des marchés, soit les marchés se réduisent à échelle locale ».

Une juxtaposition pourrait inciter une hausse des mesures protectionnistes, avec un risque d’implosion du système. Par ailleurs, maintenir l’ensemble des présidences comme des monarchies républicaines en place au cœur d’un nouvel ordre mondial, pourrait symboliser une forte identité nationale pour « stabiliser une cohésion et éviter à l’Etat de se défaire », selon les propos l’auteur.

Plus d'information :

Visitez le site : http://www.attali.com/livres/essais/demain-qui-gouvernera-le-monde

Tag : Jacques Attali, mondialisation, globalisation, crise économique, europe, nouvel ordre mondial, Finances, Crise de la dette souveraine,



Avis

  • Visionnairement humain!

    10 mai 2013

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