Le Pastel : L'or Bleu Du Pays De Cocagne

Le pastel : l'or bleu du Pays de Cocagne

Si le nom de "pastel" évoque le bâtonnet de couleur utilisé par les artistes, il désigne aussi une plante tinctoriale dont la culture et le négoce ont fait la fortune du Languedoc à la fin du XVe siècle. Grâce au commerce du pastel, la région comprise entre Toulouse, Albi et Carcassonne, aussi appelée "Pays de Cocagne", a alors connu une incroyable prospérité.

Le pastel : une plante aux mille noms

Le pastel ou Isatis tinctoria est une plante tinctoriale à fleur jaune qui permet d'obtenir des nuances de bleu exceptionnelles. Elle a d’ailleurs été la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Autrefois très recherchée par les teinturiers pour la qualité de son pigment bleu, indélébile, elle était connue sous une multitude de noms : guesde, herbe du Lauragais, herbe de Saint Philippe, ververs ou encore bleu de Perse…

La fabrication du pastel

Pour produire du pastel, il fallait compter plusieurs années depuis la plantation de l’Isatis tinctoria jusqu’à l’utilisation du pigment de teinture.

Seules les feuilles étaient utilisées pour obtenir ce pigment bleu :
• on semait en mars et on récoltait les feuilles de juin à novembre
• les feuilles étaient ensuite séchées et réduites en bouillie
• on confectionnait alors les célèbres "cocagnes", petites pelotes gluantes qu’on faisait sécher et durcir durant six semaines à deux ans
• les coques étaient alors prêtes à la commercialisation et permettaient d’obtenir le pigment ou le bain tinctorial pour teinter des tissus.

Le pastel était réputé pour son bleu tenace et profond, résistant au soleil et aux lavages.
De Toulouse, grand centre de collecte et redistribution, des charrettes partaient vers les routes du pastel de Bordeaux, Avignon et jusqu’à Burgos, en Espagne. Ce commerce florissant a d’ailleurs valu à la région le surnom de "Pays de Cocagne".

Un commerce prospère

L'Isatis tinctoria était déjà présente dans le Lauraguais, le Toulousain et l’Albigeois au XIIe siècle. Au XVe siècle, l’Albigeois devint l’un des plus grands centres de production et d’exportation du pastel.

Le Pastel Albigeois était synonyme de la meilleure qualité colorante du Pays de Cocagne (région comprise entre Albi, Toulouse et Carcassonne).

Le commerce très prospère de "l’or bleu" a permis de bâtir des fortunes colossales, celles de grandes familles comme les Vassal, les Lavedan, les Saunal ou les Reynes…
Les magnifiques hôtels particuliers de la région sont aujourd’hui encore les témoins de cet âge d’or. On peut notamment voir à Albi l'Hôtel Reynes, du nom du riche négociant qui fut aussi consul de la ville (photo ci-dessous).
Cette prospérité a aussi permis l’embellissement de certains châteaux : Magrin, Loubens, Roquevidal…

A partir de 1561, l’indigo a sonné le glas de la florissante économie pastelière. Cette plante venue des Indes était moins chère et plus facile à travailler.
Sous Napoléon Ier, le pastel a connu un bref regain d’intérêt. Il a été utilisé pour teindre les uniformes de tous les soldats de l’Empire, mais cette utilisation ne fut que de courte durée…

Le pastel albigeois aujourd'hui

Didier Boinnard propose depuis 1999 dans le vieil Albi une boutique et un atelier dédiés aux multiples applications du pastel.

Sa boutique baptisée "L’artisan Pastellier" propose des teintes écologiques sans solvant ni métaux lourds, des teintures pour le textile et pour le patrimoine (décorations extérieures et intérieures, volets, portes, meubles…) mais aussi des pigments autres que bleus…

L’Artisan Pastellier
5 rue Puech-Bérenguier
81000 ALBI

Tél. : 05 63 38 59 18.

Plus d'information :

Visitez le site : http://www.tourisme-tarn.com/

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