La Faïence De Moustiers

La faïence de Moustiers

La faïence de Moustiers était considérée dès le XVII ème siècle comme la plus belle de France. Après un déclin de la production au XIX ème siècle, l’art de la faïence a connu un véritable renouveau dans la région de Moustiers-Sainte-Marie à partir de 1925.

Présentation

Le village de Moustiers-Sainte-Marie, qui est situé dans le Département des Alpes-de-Haute-Provence et qui fait partie des plus beaux villages de France, est renommé pour ses faïences depuis le XVII ème siècle.
La faïence de Moustiers connut une grande renommée aux XVII ème et XVIII ème siècle puis la production cessa jusqu’à ce que Marcel Provence fasse renaître cette tradition en 1925.

Origines de la faïence de Moustiers

Le premier faïencier de Moustiers, vers 1679, fut Pierre Clérissy, le descendant d'une longue lignée de potiers de terre.
Selon la légende, un religieux venu de Faênza, en Italie, lui aurait appris le secret du bel émail blanc laiteux qui allait assurer, avec le bleu dit "de Moustiers", la réputation de la faïence de Moustiers.

Pierre Clérissy fut le seul faïencier de Moustiers jusqu'en 1715 et sut s'entourer d'excellents collaborateurs, les Viry, issus d'une famille de peintres de Riez.
A la même époque, son frère Joseph s'installa dans les faubourgs de Marseille pour y créer une faïencerie.

La production des Clérissy est de grand feu et caractérisée par des décors tirés des gravures d'Antonio Tempesta, un graveur florentin de la Renaissance italienne.
Le décor "à la Bérain", inspiré des ornemanistes de Louis XIV comme Jean Bérain, apparaît vers 1700.

Les autres faïenciers célèbres

Joseph Olérys, qui avait probablement travaillé dans l'atelier de Clérissy, s’installa à Moustiers en 1737.
Il s'associa avec son beau-frère Jean Baptiste Laugier pour ouvrir une fabrique en 1739.
Olérys renouvela complètement les décors de la faïence de Moustiers en introduisant la polychromie et ses créations servirent bientôt de modèles aux autres faïenciers.
On lui doit des décors bien connus comme les guirlandes et les médaillons, les fleurs de Pomme de terre et les grotesques chinois.

Joseph Fouque, qui fit son apprentissage chez Olérys, signa également de très belles pièces.
A la disparition de son maître en 1749, il s’associa avec Jean-François Pelloquin pour créer des faïences d'excellente qualité.
En 1783 il racheta la fabrique des Clérissy et devint le principal faïencier de Moustiers jusqu'à sa mort en 1799.
Il est probablement l’auteur d'une grande partie des nouveaux décors de grand feu créés à la fin du XVIII ème siécle.

Déclin et renouveau de la faïence de Moustiers

Alors qu’à la fin du XVIII ème siècle, le village comptait douze ateliers, la production de faïence de Moustiers déclina au cours du XIX ème siècle et la production cessa en 1873.

En 1925, Marcel Joannon dit Marcel Provence entreprit de faire renaître l'art de la faïence à Moustiers.
Il construisit un four et relança, avec le concours d'artistes décorateurs et d'artisans qualifiés, une production originale de faïences.
Marcel Provence et un groupe de passionnés de céramiques et d'histoire, formant l'"Académie de Moustiers", ont également créé, en 1929, le Musée de La Faïence de Moustiers.

Ce musée présente des collections de moules et d’appareils utilisés pour la fabrication des faïences anciennes, ainsi que des faïences des XVII ème et XVIII ème siècles, œuvres des maîtres Clérissy, Olérys ou Ferrat.
Tél. : 04 92 74 61 64

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