Tram à Nice : Lieu D'attente Et D'incivilité

Tram à Nice :  lieu d'attente et d'incivilité

Lors du 14 juillet dernier, la ville de Nice a offert à ses habitants et ses touristes, un feu d'artifice de toute beauté. la soirée aurait pu être inoubliable... Au lieu de cela, un geste d'incivilité rare a marqué les esprits et malheureusement, on sait déjà, que ça ne fera pas changer les mentalités.

Pas assez de tram

22h02, le coup d'envoi du feu d'artifice niçois du 14 juillet est lancé devant le Casino Ruhl.
20 minutes plus tard, les milliers de spectateurs inspirent profondément, se remettent de leurs émotions et rêvent déjà à celui de l'an prochain. Le spectacle est terminée, il va falloir songer à rentrer maintenant. Pour cela, facile, suffit de prendre le tram... Oui sauf sauf que, dans le tram, la place est quand même limitée...
Après un ras de marée humain, la foule s'est dispersée sur 3 axes principalement. La prom' où il est bon de profiter de la première Prom'Party, et les arrêts de tram de Masséna et Opéra. Et là, stupeur devant le panneau d'affichage, des temps d'attente estimés à plus de 10 minutes!! Il est où le service adapté aux manifestations?! Pendant le Carnaval c'était pas comme ça?!

Découragés, beaucoup, bien que pas motivés, décident de continuer leur chemin à pied. "Les enfants sont fatigués, ils n'ont pas envie de marcher." C'est l'excuse que l'on attend le plus souvent mais à cette heure, toute excuse est bonne à prendre : "Je viens d'acheter ces chaussures, neuves, elles me font un peu mal au pied", "On est venu en famille, le tram c'est plus facile pour rester tous ensemble, on va tous au même rythme".
Du coup, le quai se remplit très rapidement et abondamment. Attention, ne pas rester trop près du bord. Oui mais, derrière ça pousse, et pas qu'un peu...
Un premier tram arrive, enfin, après 12 minutes d'attente... Il est déjà plein. Pour sûr! Ça pousse encore, ça commente, ça s'énerve même déjà. Deux mamans et leurs petits parviennent à monter et une vieille est laissée sur la quai, l'homme à l'intérieur, lui faisant les gros yeux, l'a vite dissuadé de tenter une quelconque immersion.

L'histoire se répète avec le deuxième, troisième, jusqu'au cinquième tram. Là, plus question d'être poli, courtois et condescendant, maintenant, c'est chacun pour soi. Il est déjà 23h15!





Le handicap fait encore peur

Et c'est là que le pire arrive. Le tram suivant approche et deux personnes en fauteuils robotisés approche de l'ouverture des portes. Les gens devant ont du mal à les laisser passer mais devant la détermination de la petite bonne femme, tout le monde s'écarte. "Laisse tomber Huguette, on n'arrivera jamais à monter, on prend trop de place, dit l'homme, Si, Robert, on y arrivera, tous les deux on y arrivera" crie la femme agacée et la voix tremblante. Les portes du tram s'ouvrent. Il y a un tout petit peu de place en apparence. De quoi faire monter 3-4 personnes. Mais aussitôt, les visages à l'intérieur se crispent à la vue des deux fauteuils.
La scène fait peur à voir. C'est comme si, tous s'étaient passé le mot. Tous font un petit pas en avant, de sorte que l'espace d'accueil se réduise soudainement. La femme dirige sa manette vers l'avant, les deux premières roues du fauteuil entre dans le tram et une voix sourde se fait entendre: "N'essayez pas, y'a pas de place pour vous, on est déjà très serrés".
Ni une, ni deux, une rage folle s'empare d'Huguette : "Mais pour qui vous vous prenez?! Vous avez des jambes vous! Vous pouvez marcher. Sortez et laissez nous monter, s'il-vous plaît. Nous n'avons plus assez de batterie dans nos fauteuils pour rouler jusqu'à la maison".
Le message est clair et pourtant. Aucune solidarité n'opère.
La vieille femme insiste, fulmine, joue sur tous les registres tentant même la pitié mais rien n'y fait. Sur le quai, personne n'est monté dans ce tram, choqué par l'attitude des usagers se trouvant déjà à l'intérieur...

Qu'est-ce qu'on dit déjà? Où va le monde....

La question est : pourquoi?

Pour Jean-Marc, agent ligne d'azur, venu en renfort de la place Massena où il a fini son service il y a plus de 45 minutes déjà, le problème est simple.
Comment en est-on arrivé là?
Il n'y a pas assez de tram. En fait, quand il y a un événement comme ça, il faut pas réfléchir il faut mettre en place le même système que pendant le carnaval! Un carrousel, qui coupe la place Massena. Cela permet de stocker plus de tram, de les faire partir 2 par 2, et de manière plus rapprochée. Ça fonctionne très bien.

Alors pourquoi ne pas l'avoir mis en place au 14 juillet?
La réponse est loin d'être officielle. Mais qui dit 14 juillet, dit juillet. Et qui dit juillet, dit vacances! En conséquence, nombre de conducteur de tram sont en vacances, oui parce que la mairie autorise des congés à ses employés en pleine saison estivale!! C'est comme le boucher était en vacances à Noël ou le pâtissier à Pâques!
De plus, le feu d'artifice ne finissant pas avant 22h30, vous comprenez, on arrive dans les heures supplémentaires... Et payer des heures supp'...

Du coup, Gralon n'a qu'un conseil à vous donner pour l'année prochaine : le vélo bleu!

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