Interview De Wes Anderson : A Bord Du Darjeeling Limited

Interview de Wes Anderson : A bord du Darjeeling Limited

Sur invitation de la Fox, le jeune réalisateur américain Wes Anderson est venu présenter son dernier film A bord du Darjeeling Limited, ce jeudi 13 mars 2008, à Bordeaux. Egalement coscénariste et producteur de ce long-métrage, il s’est prêté sans réticence au jeu des questions réponses, en conférence de presse. Le film, qui retrace le périple de trois frères en quête de spiritualité en Inde, sera dès le 19 mars dans les salles françaises.

Pourquoi être venu jusqu’en France, ici à Bordeaux précisément, pour vendre ce nouveau film ?

Je passe beaucoup de temps en France, même si je vis à New York, et la France est pour moi le pays le plus important après les Etats-Unis pour ce qui est de la bonne réception de ce film.

Le casting fut-il difficile ?

Non, car en fait, ceux qui jouent les rôles principaux sont de vieux amis, à l’exception d’Adrien Brody. Mais j’admire Adrien depuis longtemps et le fait qu’il soit comédien depuis son enfance lui permet de trouver sa place rapidement dans une équipe. Les trois acteurs principaux (Adrien Brody, Owen Wilson et Jason Schwartzman) ont des styles et des techniques différents d’ailleurs. Brody prépare beaucoup, par exemple, alors que les deux autres sont très instinctifs.

Le thème des relations familiales semble écurent dans vos films, et Darjeling n’y fait pas exception…

Oui, j’ai du mal à quitter ce thème, et la façon dont je filme, de plus, a quelque chose de très familial. C’est comme intégré dans mon processus.

Que diriez-vous de ces trois frères ?

Ils ne se disent pas ce qu’ils pensent, mais plutôt ce qu’il faut pour obtenir ce qu’ils veulent. Ils ont besoin de s’écouter pour se comprendre. Au début, ils sont absorbés par leur histoire personnelle, mais ensuite, ils vont réaliser que ça n’est pas cela le plus important.

Avez-vous été inspiré par des choses personnelles ?

Oui, ce film est rempli d’histoires personnelles de ses auteurs, Romain, Jason et moi-même.

Pourquoi avoir choisi le train comme élément central ?

Il y a plusieurs raisons : j’aime les films avec des trains, j’aime quand l’histoire avance et que le film aussi, j’aime le côté mystérieux du train, et enfin j’aime le symbolisme naturel du voyage que comporte le train. Et puis j’aime voyager en train : c’est très personnel en fait.

Et les valises, que représentent-elles ? C’est le côté fashion du film ?

Elles représentent le père de ces trois hommes. Pour ce qui est de leur conception, il faut savoir que c’est mon frère qui les a dessinées, spécialement pour le film d’ailleurs.

Ce film pourrait être qualifié de dépressif chic, c’est en tout cas bien plus qu’une comédie légère…

Je n’aime pas décrire mon style. Je préfère laisser au public le loisir d’interpréter comme il le souhaite ce qu’il voit. Ce qui est sûr, c’est que je fais des films qui ne sont pas forcément ce que les gens qualifient comme des films . C’est grâce aux filières de grands studios que j’y parviens, que je fais ce type de films dits , d’auteur, et ce fut le cas cette fois avec une filière de la Fox.

Diriez-vous que vous avez une sensibilité plus européenne qu’américaine ?

Je ne sais pas. En tous cas, il est vrai que mes films favoris sont européens, et plutôt français.

Plutôt anciens ou récents ?

Sans distinction : j’aime autant les films de Jean Renoir, la Nouvelle vague avec Louis Malle que les films actuels, avec Bacri et Jaoui par exemple.

Il transparaît une sorte de nostalgie des années 60, 70, dans votre travail. D’où cela vient-il ?

Je crois que c’est parce que l’expérience que j’ai eue de l’Inde m’a permis de constater qu’il y avait, dans ce pays, de nombreux objets anciens, notamment des années 70, qui sont réparés et qui fonctionnent toujours.

Plus d'information :

Tag : Wes Anderson, A bord du Darjeeling Limited, réalisateur



Avis

Devenez membre pour donner votre avis !

Donner votre avis