Pierre Brune De Rancé Rancé

Le Limandas 01390 Rancé

Présentation : Pierre Brune De Rancé

Dans sa jeunesse, la Pierre Brune a entrepris un grand voyage. Mais elle ne savait pas alors très bien où elle allait ; c'est pourquoi on l'a qualifié d'"erratique". Il y a près de 300 000 ans,

elle résidait encore dans son lieu de naissance (peut-être massif du Beaufortin) quand un gigantesque glacier l'a embarquée. Après une lente progression, notre mastodonte fut, lors de la fonte des glaces, abandonné là où il se trouve aujourd'hui. La Pierre Brune reprit alors son sommeil immobile.Bien plus tard, elle vit apparaître un drôle d'animal : l'homme se mit à cultiver le sol alentour, ce qui ne la gêna pas trop. Mais, un jour - c'était au XiXème siècle - elle sentit des pics commencer à lui ôter des morceaux ! Dans cette région dépourvue de pierre, l'homme avait réalisé que ce rocher constituait une véritable carrière à ciel ouvert... Notre Pierre Brune a ainsi fourni des matériaux pour le soubassement de l'église de Toussieux. Heureusement, faute d'une qualité suffisante, l'exploitation fut abandonnée.C'était justement l'époque où la société a commencé à percevoir la valeur du "patrimoine" qui l'entourait (même si l'on employait pas encore le terme). On s'est d'abord préoccupé, avec des hommes comme Mérimée et viollet-le-Duc, de la préservation des monuments historiques. Puis une loi du 21 avril 1906 a organisé "la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique".Du coup certains ce sont mis à regarder la Pierre Brune d'un autre oeuil... Le 27 février 1927, le Préfet de l'Ain informe Jean-François VILLIER, alors maire de Rancé, que le classement de la Pierre Brune était envisagé et il lui demande d'obtenir du propriétaire du champ, M. DE MURAD, son accord pour ce classement. ce dernier étant décédé, c'est son héritier, le Comte DE CHABANNES, qui, le 2 mai, répond au maire "Je ne peux qu'approuver cette décision ; j'ai du reste jusqu'à maintenant fait tout mon possible pour que cette curiosité scientifique ne soit pas détériorée".C'est ainsi que, le 28 mai 1927, l'arrêté inscrivant la Pierre Brune de rancé sur la liste des Sites et monuments naturels classés était signé par le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux Arts, qui n'était autre alors que M. Edouard HERRIOT.En 1991, répondant à une lettre du maire, Edith PATUREL, l'Architecte des Bâtiments de France de l'Ain a confirmé que la Pierre Brune était bien classée, au titre d'une loi récente, celle du 2 mai 1930. Il a précisé que les contraintes liées au classement s'appliquaient toujours, à savoir qu'"aucune modification de ce monument ni aucun travail d'aucune sorte susceptible d'affecter son aspect et sa conservation [ne devait être] effectués sans l'accord des services ministériels" (en 1927, toute infraction était punie d'une amende de 100 à 3 000 francs ; en 1991, la lettre de l'Architecte n'indique pas le tarif actuel).Il convient en outre, ajoutait l'Architecte, d'éviter toute construction ou modification importante des lieux dans l'"environnement visible" de la Pierre Brune.Notre rocher se doutait-il qu'après avoir failli disparaître, il ferait un jour l'objet de tant d'attentions ?...

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