Fête Du Citron à Menton : Interview Du Directeur De L'office Du Tourisme

Fête du Citron à Menton : Interview du directeur de l'office du tourisme

A un mois de son départ, Didier Leonetti, directeur de l'office de tourisme de Menton, nous explique comment fonctionne en interne la Fête du Citron et ce qu'elle apporte à la Ville. Fier de ce qu'il a accompli et confiant pour l'avenir économique de Menton, il emporte un peu d'agrumes sur son Ile de Beauté.

Un rendez-vous incontournable

En poste depuis 2005, cette année, quel pourcentage de votre activité représente la Fête des Citrons?
Au delà des missions classique d'accueil et de service, l'office du tourisme de Menton gère toute la partie événementiel et à 80% en interne. La Fête du Citron nous occupe à peu près huit mois dans l'année. On finalise actuellement le thème de 2012 pour pouvoir l'annoncer à la fin de l'édition. On part du thème qui est une réflexion interne et après on a deux graphistes qui travaillent sur les maquettes.
Au fur et à mesure, on se réunit tous les jeudis matin, nous, l'office du tourisme avec les services techniques et le service des Parcs & Jardins. Ensuite, les tâches sont réparties dans les différents services, comme la commercialisation avec la centrale de réservation par exemple, la fabrication, etc. On part d'une équipe d'une dizaine de personnes et là à la fin, on arrive à un groupe de 350 personnes recrutées.

Le budget de la Fête du Citron a-t-il évolué avec le temps?
Le budget en lui-même n'a pas évolué. C'est plutôt l'orientation du budget qui a changé. Notamment par rapport à Internet, c'est évident. On met un peu plus dans les outils de référencement et de paiement en ligne. C'est important d'avoir un site attractif.
Le budget communication, c'est à peu près 200 000 euros soit près de 10% du budget global de la fête. 40% des ventes concernent les professionnels (hôtelier, tour opérateur, autocariste).

La Fête des Citrons, c'est pour les Mentonnais ou les touristes?
Spontanément, je répondrai que c'est pour les touristes. Mais c'est une institution mentonnaise, ça fait parti du patrimoine mentonnais dans le sens où ça fait vivre tellement de familles mentonnaises que la fête sert aux mentonnais.
L'intérêt de cet événement, c'est un raccourci pour le développement durable. Ce qui est bon pour les mentonnais est bon pour les touristes, et pas l'inverse. On part du principe qu'il faut d'abord vendre ce que nous sommes. Il ne faut pas se perdre. En exagérant, je dirai qu'on ne va pas vendre de la choucroute parce qu'on a des visiteurs allemands. Les gens viennent rechercher ce que nous sommes, pas ce qu'ils ont chez eux. Il faut mettre notre identité en avant.

Conserver une identité

La météo n'est pas clémente cette année, notez-vous une baisse de fréquentation?
On note déjà une belle augmentation, à hauteur de 15% à la fois sur les corsos que dans les jardins. On est content mais pas si étonnés que ça. Je pense que c'est la reconnaissance d'un certain travail fourni. Mais tout est fragile. Si on se prenait un gros week-end de pluie, les 15% on les mange de suite.
On a déjà commercialisé l'ensemble de nos tribunes, soit 7 500 places. Donc qu'il pleuve ou qu'il neige, les gens viennent quand même. Ce qui fait la différence entre un bon et un très bon corso de 19 000 à 25 000 personnes, c'est en effet le rayon de soleil.
C'est-à-dire, c'est la clientèle de proximité, à 2 heures de route, de Marseille à l'Italie, qui regarde la météo et commence à s'organiser 3 jours avant. C'est ce qui peut faire basculer la fréquentation. La majeure partie des clients vient du Nord, de l'Europe, mais au mois de février, il fait toujours meilleur ici qu'ailleurs. Le soleil, nous apporte entre 3 à 4 000 clients de proximité.

Disney, La Fontaine, le cinéma, qui trouve toutes ces belles thématiques?
On se réunit et au départ tout simplement, on fait un Brainstorming.Chacun soumet ses idées autour d'une table. On a un peu plus d'expérience maintenant, on arrive de suite à se projeter dans le char ou le motif. On avait peur du thème des grandes civilisations car on voyait bien les motifs mais moins bien les animations autour. Le plus dur, c'est de trouver comment traduire le thème. Quand toutefois, on n'arrive pas à trancher, c'est le maire qui a le dernier mot.
Au départ, on ne se met aucun frein, aucune limite. Je demande l'avis aux services techniques. Je pense qu'ici, grâce à nos services, on peut tout faire. J'essaie de les provoquer, parce que dans le fond, je sais que derrière, ils y vont. On a su se relooker et donner une deuxième vie à l'événement.

Innover sans dénaturer, c'est un peu le maître mot des Jardins de Biovès, encore un succès?
Il ne faut pas perdre son âme. Depuis 2006, on a créée Les Jardins de lumière qui est une mise en scène des motifs. C'est un très grand succès. Aujourd'hui, on a déjà dépassé le chiffre de la totalité de la recette de l'année dernière avec deux spectacles d'avance.
Grâce à mon œil extérieur, j'ai eu l'idée d'ouvrir les jardins le soir pour continuer à amortir cet investissement. La mise en scène est venu grâce à un véritable travail d'équipe. J'ai une préférence pour les jardins de nuit. Grâce à des professionnels de la lumière du département et à des groupes de musique et des acteurs, on offre un spectacle complet. Le but est d'attirer les touristes mais aussi les médias en présentant des nouveautés.

La rentabilité

A l'office du tourisme, est-ce qu'on fait des économies où on préfère se créer de nouvelles recettes?
En créant Les Jardins de lumière, d'une part, on a voulu les rentabiliser. Mais on avait peur de vampiriser les jardins de jour. Alors qu'en fait, pas du tout. Nous avons créé une offre et une envie supplémentaire. Mais le fait de les mettre les mardi et les vendredi, n'est pas neutre.
Notre idée première, c'est quand même l'économie touristique. La réflexion s'est faite dans un intérêt purement touristique. On a pensé simplement à l'hébergement. Le but étant de figer une clientèle et pour nos hôteliers de pouvoir proposer des séjours de quatre jours du jeudi au dimanche ou du samedi au mardi par exemple. On a tous les cas de figure.

Comment expliquez-vous avoir le meilleur taux de remplissage des hôtels du département?
Ici, on rempli les hôtels presque à 100% tous les jours. On travaille sur mesure. On est là au service des professionnels. Le corso de nuit, permet à l'hôtelier de mieux vendre sa nuit, on complète avec Les Jardins de lumière pour fournir une offre complète, avec en plus le salon des artisans et le festival des orchidées.
Il se passe quelque chose tous les jours. Les gens ont l'impression d'en avoir pour leur compte. Dans l'après-midi, il y a toujours des animations dans les rues, avec des acteurs, des batailles, etc. Menton est une petite ville, du coup, tout est bien concentré. C'est ce qui fait notre succès. Les gens s'offre un week-end prolongé bien rempli.

Pouvez-vous mesurer quelles sont les retombées d'une telle manifestation pour la ville?
Ça nous coûte deux millions d'euros, et en terme de recette on parvient à l'équilibre, ce qui n'est pas négligeable étant donné qu'on n'a pas de sponsors. Ce n'est que de la dépense/recette. En retour direct chiffrable, on est entre 15 et 18 millions d'euros pour l'économie mentonnaise, ce qui est à peu près équivalent à la moitié des recettes du carnaval pour la ville de Nice. On mesure ainsi l'importance de la manifestation pour les mentonnais.

Et l'avenir dans tout ça...

L'arrivée d'un 5* va-t-elle faire du bien à la Ville?
Fin 2012, début 2013. C'est excellent pour la ville. Ça montre bien la bonne santé de cette ville. Que des investisseurs viennent mettre autant d'argent à Menton, c'est qu'ils ont vu où étaient les points positifs en venant s'implanter ici. De plus ce sont des gens qui vont communiquer partout dans le monde pour retrouver leur argent. C'est une locomotive qui va porter une image positive, qualitative de la destination à taux zéro pour la ville. Et en plus, on a la chance que ce soit un groupe français avec des investisseurs européens.

Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour l'année qui démarre?
Tout est fragile dans la vie, tout dépend de l'être humain. Le plus important c'est de pouvoir continuer dans l'intérêt général du plus grand nombre. L'outil est là pour porter l'économie mentonnaise. Et je souhaite beaucoup de bonnes choses à la personne qui me succèdera dès le mois prochain.

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