Le Sumi-e Ou La Voie De L’encre

La voie de l’encre, ou sumi-e en japonais, est une très ancienne technique de peinture monochrome à l’encre de Chine. Nous vous proposons de découvrir cet art unique par son élégance et sa vitalité, qui est à la fois une technique picturale et une forme de méditation.

Présentation

Le terme japonais de sumi-e est composé de "sumi", qui désigne l’encre de Chine noire et de "e", qui signifie la "voie" ou la "peinture".
Cet art japonais, qui s’inspire de la technique chinoise de peinture à l'encre noire et à l'eau, se pratique sur du papier ou du tissu à l’aide d’un bâton d'encre, d'eau, d’une pierre à encre et d’un pinceau à lavis.

Origines du sumi-e

Le sumi-e, dont les plus lointaines origines remontent à la Calligraphie chinoise du V ème siècle, a été introduit au Japon par les moines Zen au XIV ème siècle.
On estime que cette technique s’est d’abord développée en Chine pendant la dynastie Sung (960–1274).
Les premiers artistes japonais se sont non seulement inspiré de modèles chinois, mais ont aussi excellé dans le domaine de la peinture figurative.

Caractéristiques techniques du sumi-e

La voie de l’encre ou sumi-e, telle qu’elle est pratiquée depuis des siècles par les peintres chinois et japonais, se caractérise par l'usage unique de l'encre de Chine.
Cette technique n’utilise pas la couleur, mais seulement des nuances de noir délayé.

Cet art nécessite l'apprentissage de la dextérité, de l'aisance et de la rapidité du trait pour parvenir à un tracé sans retouche ni correction.
En effet, comme la calligraphie, cet art n’autorise pas la moindre erreur dans le coup de pinceau et la pureté du trait doit être immédiate.

Le sumi-e est aussi l'art de la représentation de la nature (poissons, fleurs, oiseaux, paysages, goutte de pluie, rayon de soleil...).
Mais celle-ci est plutôt suggérée que représentée en détails, car le but est de restituer la vie et l'énergie de chaque chose.
Le style de dessin est simple et résulte de touches fortes, expressives et dynamiques du pinceau.

Une forme de méditation

La pratique du sumi-e passe aussi par la méditation et la maîtrise des émotions pour atteindre un état de concentration où seul le trait existe.
Dans cet art où "l'esprit précède le pinceau", le peintre doit être totalement présent à son travail ici et maintenant, de sorte que sa main ne soit plus que le prolongement de sa pensée.
C’est en ce sens que la voie de l’encre constitue une véritable forme de méditation, au même titre que le zazen.

Un art japonais traditionnel

Le sumi-e est plus particulièrement utilisé au Japon pour réaliser des kakemono, c’est-à-dire de longues peintures suspendues dans le tokonoma.
Le tokonoma, élément essentiel de la décoration d'intérieur traditionnelle, est une petite alcôve au plancher surélevé où l'on expose des calligraphies, des Ikebana ou des objets d'art.
La voie de l’encre partage d’ailleurs avec les autres arts traditionnels japonais comme les Bonsaï de nombreux principes fondamentaux : approche de la nature, goût de l'essentiel et de l'harmonie.

Plus d'information :

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