Rallye De Monte-carlo Des énergies Renouvelables : Le Rallye Qui Donne Envie

Rallye de monte-carlo des énergies renouvelables : Le rallye qui donne envie

Quand l’Automobile Club de Monaco fait chauffer son imagination autour de la voiture électrique, ça donne un rallye propre et écolo qui travaille contre le réchauffement de la planète, et ça, on aime ! L’idée est bonne, excellente même, de quoi pousser chacun d’entre nous à imaginer l’avenir différemment. Réfléchir plus, pour rouler plus, le pari n’est pas impossible. Si l’idée vous perturbe encore un peu, petite rétro sur le dernier événement organisé par l’ACM. Le dimanche 28 mars c’est au cœur même de la Principauté que s’est déroulée une super spéciale, en clôture du 4e rallye Monte-Carlo des énergies alternatives. D’Annecy à Monaco en passant par Valence, les 118 engagés ont participé à cinq épreuves réparties en trois jours du 26 au 28 mars. Cet « éco rallye », basé sur l’idée de régularité, sans notion de vitesse reste ouvert à tous les véhicules émettant moins de 120g de CO2 par kilomètre.

La super spéciale

Une exception perdure. Dimanche, au départ arrêté à la sortie du tunnel du Portier, c’est bien une épreuve de vitesse qui s’est dessinée jusqu’à la place du Casino. Alors, même si le public n’était pas vraiment présent pour cette nouvelle page de l’histoire du sport automobile, Gralon ne pouvait vraiment pas se permettre de manquer l’événement. Les absents doivent savoir ce qu’ils ont raté.
600m de montée bien raide ponctuée de deux épingles d’abord à droite puis à gauche, que toutes les voitures n’ont pas réussi à passer avec brio, voilà le programme du jour.
L’ordre de départ se fait par numéro et non par rapport au classement. Lancées une par une toutes les 30 secondes, les voitures défilent pendant une heure et demi, et plus le temps passe et plus on s’étonne. Difficile d’apprécier les performances sans avoir sous les yeux la liste des véhicules avec le type de carburant qu’ils contiennent. Mais, j’avoue qu’au bout d’une dizaine de voitures, à l’odeur et à la vitesse, on arrive à deviner s’il s’agit d’une diesel, d’une électrique ou d’une hybride. Je parle d’odeur et c’est peu dire, le GPL ça se sent et pas qu’un peu. Certes pas tout de suite, pas sur le coup, la voiture passe devant vous, tout va bien, et après, ouh, ça pique le nez, et là on se demande : « C’est vrai que ça ne pollue pas ? » Mais oui !
Mais on ne se plaint pas car on ne peut pas vraiment dire qu’on ait souffert d’odeur de friture, d’huile de colza ou de betterave comme on aurait pu le craindre !

Nombreuses et toutes différentes

Il était temps : les nouvelles énergies débarquent ! 30 marques, 105 voitures, 9 nationalités et 8 catégories plus loin, les pilotes se tirent la bourre sans tenir compte de ce qu’il y a sous le capot. Les voitures essence ou diesel équipées de filtre à particules, les électriques, les véhicules roulant au gaz (GNV ou GPL), les voitures à pile à combustible (hydrogène), les hybrides, celles qui roulent à l’E85 ou encore à l’énergie alternative (tous types d’huiles), ont toutes montré des caractéristiques propres (c’est le cas de le dire).
Dans l’ensemble on a pu constater que les diesels étaient les seuls à faire un léger bruit. Comme n’importe quel moteur que l’on croise dans la rue, le bruit est similaire et donc sensible à nos oreilles. En revanche, ces voitures, généralement Ford et Volkswagen, ont eu un mal incontestable à arriver sur la ligne d’arrivée à une vitesse honorable. Comme si le frein à main était encore tiré, ça n’avance pas. Les pilotes font crisser les pneus, seules vraies poussées d’adrénaline pour le peu de public présent, toujours à l’affût de quelque chose de spectaculaire. Mais non, un crissement de pneus ne signifie pas forcément une sortie de piste ! Pour toutes aussi, les freins sont très sollicités. Il est fort et tardif, sous un grand soleil, du bord de la piste, on arrive à distinguer les grands coups de volant donnés par chaque pilote.

Des attentes illusoires

Et les autres alors ? Parce que bon, après des moteurs diesel dans un rallye des énergies alternatives, on s’égare un peu là ! Le plus marquant dans cette épreuve de super spéciale, épreuve de vitesse par définition, c'est que la vitesse n’est pas vraiment au rendez-vous. Les voitures où se couplent essence et électrique ne peuvent encore rivaliser avec les autres catégories. Impulsive, nerveuse mais vite dépassée, la montée reste pour elles une épreuve de force. Pour les Honda et Toyota, les trajectoires sont propres et bien étudiées, les meilleures certainement.
De même d’ailleurs pour les 100% électriques, qui pour l’occasion ont reçu un accueil mémorable de la part du public : encouragements, applaudissements, mouvement de foule, tout y était sauf la performance. D’ailleurs ce n’est pas le pilote de la Mitsubishi Imiev qui dira le contraire, car le pauvre, sa voiture est tombée en panne dans le premier virage et c’est avec l’aide des commissaires de piste qu’elle a effectué une marche arrière pour se placer devant le casino et ne pas gêner les derniers concurrents à se lancer. A la fin de l’épreuve, l’élan était revenu et la petite Imiev a fini par emmener son équipage sur la ligne d’arrivée avec lenteur mais sûreté.
La bonne surprise est arrivée avec les différents SUV engagés comme la Fiat Croma de Massimo Liverani qui malgré son poids et son carburant biodiesel, nous a offert de belles trajectoires, une réelle fluidité et une belle poussée de l’arrière. Même chose pour les deux Suzuki Swift, dont une version sport. Grâce à leur moteur au GPL, la puissance était au rendez-vous. Petites, compactes et incisives, elles ressemblent aux C3 rallye WRC traditionnel. Alors si cette odeur de gaz ne planait pas dans l’air, on serait quasiment conquis.

Ecolo mais pas trop

Une petite déception à noter tout de même. Dans un rallye des énergies alternatives, on se demande pourquoi sur la liste des engagées, on trouve des marques comme Ferrari, Porsche, Lotus, Mustang ou Chevrolet ? Pour l’ambiance, le show, le bruit, les vibrations, tout ça bien sûr, mais pas seulement. Toutes ces voitures roulant à l’E85 ont montré qu’elles en avaient sous le capot et pas qu’un peu. Et croyez-moi, ce n’est rien de le dire quand on observe la Lotus Evora du duo belgo-allemand de l’équipe d’Auto concept de Monaco. Plus vive que l’éclair, elle a littéralement enflammé le public à la dernière accélération dans la dernière ligne. Un avion de chasse ? Non, même pas, juste une petite merveille, pilotée avec brio car la puissance était parfaitement maîtrisée.

Et l’Amérique créa l’impensable

Alors que penser ? L’écolo c’est beau et c’est tout ? Point du tout, regardez un peu ce que les Américains ont réussi à créer. Par le fondateur de Paypal, un bijou est sorti de terre. Un miracle tout simplement tant par son esthétisme que par ses compétences. La Tesla 100% électrique a tout bon ! Alors si vous ne connaissez pas ce modèle, pas de panique, Gralon va vous éclairer.
Enfin ! Tesla motors a trouvé comment sauver le sport automobile et on l’en remercie. Une utopie ? Loin de là ! L’Amérique a réalisé une voiture totalement écolo capable de concurrencer une Ferrari ! Vous n’y croyez pas…Promis, c’est vrai. Créée il y a quatre ans mais ne roulant que depuis une belle année, avec 280 cv sous le capot pour un poids total de 1 300 kg, la Tesla réserve bien des surprises. En effet, elle vient tout juste de battre un nouveau record de durée de batterie. Après une heure et demie de charge, la Tesla est capable d’effectuer un parcours de 397 km grâce aux deux batteries (de 200 kg chacune placées sur les roues arrière) pour une conduite normale. La belle peut également vous porter à pleine puissance pendant 200 km avec une vitesse de pointe à 210km/h. Notez que son moteur à propulsion vous offre un départ de 0 à 100 en 3,9sec, soit l’équivalent d’une F430 ! Sachez aussi que cette petite merveille permet de rouler propre pour une valeur approximative de 100 000 euros. Dur à croire, peut-être ? Alors, Tesla a fourni un autre argument de choix : son pilote. Erik Comas, ce nom vous rappelle quelqu’un ?

Comas, pas n’importe qui

Ce pilote français (autant le souligner, tant ils sont rares), multiple champion de France entre 1887 et 1990 en Supertourisme et Formule, accède à la F1 en 1991. C’est à partir de cette année et grâce à l’écurie Ligier qu’il commence vraiment à faire parler de lui. Avec ses résultats décevants et la crise que connaît l’écurie à cette période, la suite de l’aventure F1 était incertaine pour Comas pourtant grand espoir de la Formule 1 lors de son arrivée chez Ligier. Finalement et malgré l’épopée Prost (qui a été longtemps en pourparler avec le team avant de décliner l’offre), Comas reste en Formule 1 jusque fin 1994 après 67 grands prix disputés, avant de s’exiler au Japon où il profitera d’une seconde carrière remarquable. Depuis plusieurs saisons, Erik Comas met son expérience au service de jeunes pilotes. Très accessible et se prêtant volontiers au jeu des questions réponses, dimanche 28 sur le rallye des énergies alternatives, Erik Comas a apporté un beau palmarès à cette épreuve. Déjà récompensé l’année précédente sur la même voiture, sur cette session, il remporte une nouvelle victoire sur la Tesla.
Les performances de la voiture 100% électrique n’ont cessé de s’accroître. Que faut-il en penser ? Est-ce là une exception ? Oui, pour l’instant mais ce n’est qu’un début. En effet, le concept peut encore subir quelques améliorations qui pourraient conduire à une autonomie encore plus importante et la puissance pourrait aussi augmenter. Vivement l’année prochaine donc. C’est avec attention que l’on suivra cette équipe mais, qui sait, la concurrence sera peut-être rude.

Après l’Amérique, la Suisse

Etonnant concept que la Lampo proposée par Protoscar. Un fabuleux prototype né d’un mélange d’une Ferrari California et d’une Mustang par son design, qui présente des innovations absolument hallucinantes. Pas encore engagée sur le rallye des énergies alternatives, l’idée est envisagée pour l’année prochaine. En effet, par soucis de calendrier, la nouvelle Lampo n’a pu cette année se rendre disponible à deux endroits différents, à savoir le rallye et le congrès de Monaco. Mais après avoir fait un essai à bord du premier modèle de ce bureau d’étude, on n’a qu’une envie, leur pardonner leur absence et les encourager à s’engager pour le printemps prochain.

Un essai concluant

Il suffit de quelques chiffres pour succomber totalement : 290 cv, 200 km/h de vitesse de pointe, 5 sec seulement de 0 à100 km/h, le tout sur 4 roues motrices propulsées par deux moteurs fonctionnant de manière totalement indépendante si on le souhaite. Pour les voitures 100% électriques, il y a quelques points fondamentaux à connaître. Le freinage est très différent. Erik Comas explique : « il n’est "presque" pas nécessaire de freiner, car le frein moteur ressemble un peu au principe de l’auto tamponneuse des fêtes foraines, c'est-à-dire, que juste en lâchant l'accélérateur la voiture freine d'elle-même. J’ai été plusieurs fois surpris au feu rouge où je me suis arrêté 40 mètres avant le feu! » A noter également, que les voitures sont équipées d’un système qui permet de récupérer l’énergie consommée pour la réutiliser directement, comme si le circuit d’alimentation était fermé et parfaitement interne au bon fonctionnement du véhicule. On se sert de ce que l’on dépense. D’ailleurs sur le premier modèle de la Lampo (lire ci-dessous) le compteur affiche la vitesse dans différentes couleurs : noir si vous ne consommez pas (dans une descente), en rouge quand vous consommez de l’énergie, et en vert quand vous en récupérez. En parc fermé, on ne parle plus de tours moteurs (RPM) mais de kWh (kilowatt heure), ce qui implique que sur le tableau de bord, le compte tour n'est plus en RPM mais en kWh. Au premier coup d’œil également, on note que ce qui fait office habituellement de trappe à essence, est ici une trappe à prise électrique, qui sert donc, au rechargement des batteries. Mais sur la Lampo2, il y a une petite particularité et pas des moindres. Mesdames je pense à vous là, messieurs ne soyez pas jaloux, vous pouvez éventuellement être concernés. C’est le premier modèle équipé d’un système dit « coffee & charge » (chargement le temps d’un café), qui permet de recharger la voiture pendant 10 minutes seulement (le temps de se remaquiller et passer aux toilettes par exemple pour les dames, lire le journal ou passer un coup de fil pour les hommes) lors de vos déplacements et pouvoir à nouveau rouler pendant 100 km ! 10 minutes, 100 km, c’est nouveau et énorme ! D’ailleurs à ce sujet, il existe en tout trois types de rechargements qui se différencient en fonction du nombre d’ampères choisis. De 8 à 10 A, c’est l’équivalent d’une prise traditionnelle à domicile, présente dans votre garage par exemple. Puis, vous pouvez brancher la voiture sur une prise de 16 A comme celle de votre machine à laver qui est plus puissante. Enfin, si vous utilisez une prise de 32 A sur une borne de courant accélérée sur les stations équipées, en 4 heures, vos deux batteries seront en parfait état de charge et en route pour l’aventure.
Pour tout cela mais pas seulement, les commandes se situent sur un écran tactile placé au centre de la console à l’avant tel un GPS intégré. De cette manière vous pouvez donc régler, l’intensité de la charge mais aussi votre style de conduite (tranquille, sport, économique, etc) et aussi définir avec précision le freinage et l’accélération. Pourquoi ? Vous devenez alors, un véritable technicien, comme les mécaniciens et ingénieurs dans le milieu professionnel, vous pouvez totalement régler votre voiture, tant sur sa dureté, que ses suspensions par exemple, de quoi ne faire qu’un avec la machine. En fonction de votre conduite et du parcours que vous allez accomplir, les réglages pourront être ajustés pour gagner en performance. Comme quoi même au quotidien, on peut se mettre dans la peau d’un véritable pilote.
Pour que cela reste possible, il faut bien sûr compter beaucoup d’heures de travail. Le bureau d’étude suisse travaille sur le projet depuis 23 ans et ne compte pas s’arrêter tout de suite, le but étant de construire des voitures qui pourront être commercialisées (ce prototype a tout de même un coût de deux millions d’euros) et qui sait, par la suite, mettre au point de véritables voitures de course non polluantes et tout aussi performantes.

De ce fait Jean-Louis Auban, un des principaux acteurs de l’organisation du rallye des énergies alternatives de Monaco, mentionne une conclusion simple et qui peut rester aisément dans les esprits de chacun : « la voiture 100% électrique est réellement la voiture de demain, aujourd’hui c’est la voiture hybride qu’il nous faut ».
Alors en attendant de voir des F1 100% électriques, on espère que Elon Muste, patron de Tesla Motors va continuer à créer des merveilles afin de nous faire patienter et nous tenir en haleine jusqu’à la nouvelle ère de l’histoire des sports mécaniques.

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