Gaz Hilarant : Attention, Danger !

Gaz hilarant : attention, danger !Image ©Hansmuller

L'usage festif des ballons de gaz hilarant progresse chez les collégiens, les lycéens et les étudiants, ce qui inquiète les autorités sanitaires. Plusieurs dizaines d’intoxications graves ont en effet été rapportées ces deux dernières années. Mais quelle est cette nouvelle drogue à la mode et quels sont les risques pour la santé ? Explications.

De quel gaz s’agit-il ?

Pas chère et disponible en vente libre dans les supermarchés, la nouvelle drogue récréative à la mode est le protoxyde d'azote ou N2O. Mais elle est plus connue sous les noms de gaz hilarant, bonbonne, proto ou ballon.

Ce gaz est disponible en vente libre dans des capsules métalliques grises car il est utilisé en cuisine comme gaz propulseur dans les siphons à chantilly. On l’emploie aussi à l'hôpital comme anesthésiant, dans des aérosols d'air sec ou dans des bonbonnes pour l'industrie.

Le protoxyde d’azote a été découvert en 1772. Déjà au XIXe siècle, ses propriétés euphorisantes étaient utilisées dans les foires, pour amuser les badauds.

Quels sont les effets recherchés ?

Depuis plusieurs années, le protoxyde d'azote est détourné de ses usages culinaires ou industriels pour son effet euphorisant immédiat.

Lors de soirées festives, il est inhalé par la bouche à l’aide de ballons. Cette inhalation entraîne une euphorie comparable à une ivresse, souvent accompagnée de rires incontrôlables (d'où son nom de "gaz hilarant"), de distorsions visuelles et auditives, et d’une modification de la voix.

Ces effets sont quasiment instantanés et disparaissent en 2 à 3 minutes. Comme les effets se dissipent très vite, les jeunes consommateurs ont tendance à multiplier les prises, ce qui met leur santé en danger.

Quels sont les effets indésirables ?

Si le gaz hilarant provoque une certaine euphorie, il peut aussi causer de graves problèmes de santé, comme des pertes de mémoire, des vertiges ou des troubles cardiaques.

Les effets indésirables du protoxyde d'azote disparaissent généralement 15 minutes après l'arrêt de l'inhalation, mais ils peuvent persister quelques heures, voire quelques jours, en fonction de la dose inhalée :
=> nausées et vomissements
=> maux de tête
=> crampes abdominales
=> diarrhées
=> somnolence et légère baisse de la vigilance dans les 30 minutes qui suivent la prise
=> vertiges
=> acouphènes

À forte dose, cette drogue récréative peut aussi entraîner de la confusion, des difficultés à parler et à coordonner ses mouvements et une faiblesse musculaire.

Quels sont les risques pour la santé ?

Bien qu’on l’appelle gaz hilarant, le protoxyde d'azote peut avoir des conséquences pas drôles du tout.

Quand il est expulsé de son conteneur, il devient un gaz très froid qui peut causer des brûlures au niveau du nez, des lèvres ou des cordes vocales.

Chaque prise comporte des risques immédiats, quelle que soit la fréquence de l'usage :
=> asphyxie par manque d’oxygène (un jeune de 19 ans est mort en 2018 après avoir passé une nuit à inhaler du proto).
=> perte de connaissance
=> désorientation
=> vertiges avec risque de chutes
=> perte des réflexes de la toux et de la déglutition (avec un risque potentiellement mortel de fausse route des vomissements vers les poumons, surtout en cas de perte de connaissance).

Et bien sûr, la consommation de ce gaz associée à d’autres produits (alcool, drogues) majore ces risques.

Par ailleurs, les consommations répétées et à intervalles rapprochés et/ou à fortes doses peuvent entraîner des troubles sévères :

=> des troubles neurologiques et des atteintes de la moelle épinière pas toujours réversibles (des cas de paralysie ont été rapportés en France)

=> des troubles psychiques : troubles de l’humeur, hallucinations, idées suicidaires...

=> une addiction : à l'arrêt de la consommation, les usagers réguliers peuvent ressentir des symptômes de sevrage (anxiété, agitation, douleurs abdominales et tremblements).

Dans un rapport publié en juillet 2020 (voir le lien ci-dessous), l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) signale une augmentation du nombre d’intoxications. Sur la période 2017-2019, 66 cas ont été rapportés en France, dont 42 ont présenté une complication neurologique ou neuromusculaire.

De plus, ces troubles neurologiques peuvent apparaître tardivement, jusqu’à 6 mois après l’arrêt de la consommation chronique.

Où en est la législation ?

L’usage récréatif du protoxyde d'azote par les jeunes inquiète les autorités de santé, notamment l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Une proposition de loi a été adoptée par le Sénat en décembre 2019 pour interdire sa vente aux mineurs. Mais la désorganisation du calendrier législatif liée à la pandémie de coronavirus a retardé l’examen de ce texte par l'Assemblée nationale.

Certaines communes ont d’ores et déjà pris les devants en interdisant par arrêté municipal l'usage et la vente de protoxyde d'azote aux personnes mineures.

Si vous êtes un utilisateur régulier de ce produit et que vous avez des difficultés à arrêter votre consommation, vous pouvez en parler et être aidé en appelant Drogues info service au 0 800 23 13 13 (appel anonyme et gratuit, 7j/7 de 8h à 2h).

Plus d'information :

Visitez le site : https://www.anses.fr/fr/content/inhalation-de-protoxyde-d%E2%80%99azote-l%E2%80%99anses-recommande-d%E2%80%99am%C3%A9liorer-la-r%C3%A9glementation-et-de-mieux

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