Roger Ballen : Un Photographe à L'univers Angoissant

Roger Ballen : un photographe à l'univers angoissant

Le photographe sud-africain d'origine américaine Roger Ballen s'est bâti une renommée internationale depuis la publication de son livre "Platteland, Images from Rural South Africa", en 1994. Il est l'un des photographes contemporains les plus anticonformistes et les plus controversés. A l'occasion de la sortie de son nouveau livre "Ballenesque", nous vous proposons de découvrir l'univers anxiogène de ce virtuose du noir et blanc.

Un grand photographe contemporain

Roger Ballen est né à New York en 1950. Sa mère, Adrienne Ballen, a été une collaboratrice de l'agence Magnum Photo avant d'ouvrir une galerie de photographie à New York.

Roger a pris ses toutes premières photos, des portraits de famille flous, avec un appareil Mamiya à l'âge de 13 ans.

Pourtant, il ne se destine pas d'emblée à la photographie et suit une formation de géologue. A vingt-trois ans, diplômé de Berkeley, il quitte New York et voyage à travers le monde.

Après un an et demi passé en Afrique du Sud, il regagne les États-Unis en 1977 et y termine un premier livre de photographies, Boyhood réunissant des portraits de jeunes, pris partout à travers le monde, de New York à l'Indonésie

Il passe son doctorat en philosophie en 1981 et retourne dans une Afrique du Sud alors en plein Apartheid.

Il sillonne plus de 100.000 km, à la recherche de minerais, et en profite pour photographier les petites villes qu'il traverse avec un Rolleiflex SLX format 6x6.

Ces photos lui inspireront son second livre Dorps, en 1985 puis les deux ouvrages qui l'ont rendu célèbre : Platteland en 1994 et Outland en 2001.

En 1995, il est lauréat du Prix des Rencontres internationales de la photographie d'Arles.

En 2005, dans son livre Shadow Chamber, il saisit ses modèles dans leur décor quotidien

Malgré la forte polémique que son travail suscite, l'œuvre de Ballen est désormais reconnue et exposée aux États-Unis et en Europe.

L'artiste possède sa propre aile au Zeitz Museum of Contemporary African Art de Cape Town.

Il réalise également des clips pour Die Antwoord et produit ses propres courts-métrages.

Son livre The Theater of Apparitions (éd. Thomas & Hudson, novembre 2016) tout comme le précédent Asylum of the birds, paru en 2014, ont été acclamés par la critique.

Pourtant, l'univers de ce photographe ne cesse de choquer tant il est hanté de fantômes, de figures furtives et de personnages étranges.

Ses photos, dont la beauté n'a d'égale que la violence, dépassent la stricte vision documentaire des outbacks sud-africains.




Un univers torturé

Roger Ballen photographie en noir et blanc et à l'argentique depuis près de cinquante ans.

S'il travaille toujours en noir et blanc, c'est pour mieux transformer et interpréter la réalité.

"Mon travail est une réflexion sur l'absurdité de la condition humaine et une quête psychologique personnelle. Car je considère que la photographie est aussi une manière de se regarder dans le miroir", explique-t-il.




"Mon but dans la prise de photographies au cours des quarante dernières années a finalement été de me définir. Cela a été fondamentalement un voyage psychologique et existentiel."

Aujourd'hui, Ballen parcourt encore la ville de Johannesburg à pied environ cinq heures par jour, à la recherche de photos à prendre.

Il passe le reste de son temps à gérer la "Roger Ballen Foundation" et à s'occuper de sa collection de plus de cent animaux domestiques !

"Il y a des rats, des serpents, des poulets, des canards, des lézards, des lapins, des araignées, des colombes, des corbeaux, des souris.", énumère le photographe.

En effet, cet artiste majeur de la scène internationale explore depuis des décennies la grande promiscuité existant entre les hommes et les animaux.

Dans la vidéo ci-dessous, il décrypte les différentes facettes de son univers et les animaux y occupent une grande place :



Une rétrospective inédite

Si vous vous vous (re)plonger dans l'univers lugubre et déconcertant de Roger Ballen, nous vous conseillons la lecture de son dernier ouvrage intitulé "Ballenesque".

Cette monographie rétrospective parue chez Thames & Hudson le 10 octobre 2017 retrace l'ensemble de son travail, de ses premiers clichés à ses derniers projets en date.

"Les gens qui s'intéressent à l'art et à la photo vont être amenés dans un espace mental provocant.", prévient l'artiste.

Véritable visite guidée à travers l'œuvre de Ballen, l'ouvrage propose aussi 50 pages d'anecdotes, d'autobiographie, de réflexions sur la technique et de philosophie du photographe.

Lui qui photographie les marginaux de son pays d'adoption, aime donner forme à des rêves (ou plutôt à des cauchemars, diraient certains) et effacer la frontière entre la vie et la mort.

Ses clichés, émaillés de dessins de visages, de masques ou d'animaux, mettent en scène des fragments de corps, des animaux et des objets cassés.

En cultivant le cahos et la confusion, l'artiste traduit des questions existentielles sans y apporter de réponse.

"Mes photos sont saisissantes parce qu'elles accèdent au subconscient." affirme-t-il.




Dans son travail, on constate désormais un peu moins de présence humaine et un peu plus d'animaux et de signes abstraits.




Son projet en cours, qu'il annonce dans les dernières pages de "Ballenesque", est intitulé Ah Rats.

En janvier dernier, Ballen a aussi mis des rats partout dans le clip de la chanson "Tommy Can't Sleep" de Die Antwoord. Phobiques s'abstenir !

Plus d'information :

Visitez le site : https://www.rogerballen.com/

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