Michael Wolf : 5 Choses à Savoir Sur Le Photographe Des Villes

Michael Wolf : 5 choses à savoir sur le photographe des villes

Photographe allemand connu pour ses images de mégalopoles, Michael Wolf nous a quittés le 23 avril 2019, à l'âge de 64 ans. En hommage à ce grand nom de la photo contemporaine, nous vous proposons de redécouvrir 5 facettes de son oeuvre, qui explore différents aspects de la vie urbaine moderne.

1- Il était fasciné par les mégalopoles

Michael Wolf est né en 1954 à Munich, en Allemagne. Il a grandi au Canada et aux États-Unis avant de rentrer en Allemagne pour étudier la photographie.

En 1994, il s'installe à Hong Kong et commence à travailler comme photojournaliste notamment pour les magazines Stern et Geo.

À partir de 2001, il se concentre sur ses propres projets et son travail évolue vers une photo plus conceptuelle qui lui vaudra deux World Press Photo en 2005 et en 2010.

Ce grand nom de la photo contemporaine est notamment connu pour son travail sur les mégalopoles, qu'il photographie dans leur immensité mais aussi dans leur intimité.

Quand il promène son objectif à Hong Kong, Chicago, Paris ou encore Tokyo, le photographe s'interroge sur la relation entre l'humain et la ville, entre les buildings impressionnants et les gens qui y habitent.




2- Honk Kong était sa ville préférée

La mégalopole préférée de Michael Wolf était probablement la tentaculaire ville de Hong Kong, où le photographe avait choisi d'emmenager.

C'est là qu'il a réalisé la série Architecture of Density, l'une de celles qui ont marqué son œuvre.

Ses images, où des immeubles plein cadre font perdre au spectateur toute notion d'échelle, racontent une mégalopole sans ciel ni horizon.

Il faut dire que Hong Kong est l'une des villes les plus densément peuplées du monde, avec près de 6700 habitants par kilomètre carré !

Quand ces images ont été exposées, les tirages dans une taille proportionnelle à l'immensité de la ville permettaient aux visiteurs de découvrir des traces de vie humaine dans les détails de ces buildings à perte de vue.




3- Il a trouvé des points de vue originaux sur Paris

Michael Wolf, qui a aussi vécu à Paris, s'est intéressé à la Ville Lumière et l'a capturée de manière tout à fait originale.

Avec sa série Paris Street View, c'est à travers le service Street View de Google que le photographe a voulu nous faire rédécouvrir Paris.

En parcourant patiemment les rues de la ville derrière son écran, il a réussi à dénicher des "images volées" par les caméras de Google.

Il les a ensuite isolées pour nous offrir une vision inédite et contemporaine de Paris, cette ville dont chaque monument, chaque rue et chaque terrasse de café a déjà été immortalisé par les plus grands photographes comme Eugène Atget, Willy Ronis et Robert Doisneau !

Pour une autre série intitulée Paris Rooftop, le photographe a cherché un point de vue différent sur les fameux toits parisiens.

Au cours de l'été et de l'automne 2014, il a exploré des dizaines de terrasses en hauteur pour capturer une vision nouvelle et parfois abstraite de la capitale, entre les toits et les cheminées.




4- Il a parfois été taxé de voyeurisme

Le travail de Michael Wolf a parfois été qualifié de "voyeuriste", tant le photographe savait capturer l'intimité dans l'immensité des villes.

Pour la série The Transparent City, c'est à Chicago que l'artiste a photographié les immeubles. Mais il ne s'est pas contenté d'immortaliser leurs façades...

Il a utilisé un appareil photo à très grande définition, afin de pouvoir zoomer dans ces images et en révéler les détails... et les habitants !

Dans ce projet, il a eu l'idée de mettre en regard des images des façades et des zooms sur leurs intérieurs, en attirant l'attention du spectateur sur la vie intime de leurs occupants.

Même si le paysage urbain semble uniforme, derrière chaque fenêtre vit un être humain, avec sa propre histoire.

On retrouve la même curiosité dans la série Paris Street View, où Michael Wolf a traqué les détails cocasses, les accidents, les chutes, les doigts d'honneur et les scènes intimes comme ce baiser évoquant un cliché de Robert Doisneau :




Parmi ses séries les plus célèbres, impossible de ne pas citer ici Tokyo Compression une série de portraits capturés dans le métro.

Le photographe y resserre son cadre sur les visages de Tokyoïtes écrasés contre les vitres.

Aux accusations de voyeurisme, il répondait : ce n'est pas ma photo qui est voyeuse, mais la condition humaine contemporaine qui transforme les individus en victimes.




5- Il est aussi l'auteur d'installations frappantes

Toujours soucieux de révéler la complexité de la vie urbaine moderne, Michael Wolf a aussi utilisé l'installation pour mettre en valeur ses images.

C'est en travaillant sur le reportage "Chine : l'usine du monde" pour le magazine Stern que le photographe a eu l'idée de son projet The Real Toy Story, en 2004.

Pour réaliser cette installation, il a couru les marchés aux puces en Asie, en Europe et aux États-Unis et en a rapporté plus de 20.000 vieux jouets en plastique estampillés "Made in China".

Il les a ensuite utilisés pour encadrer d'impressionnants portraits d'ouvriers et d'ouvrières chinois qui travaillent sur les chaînes d'assemblage pour satisfaire notre insatiable appétit de produits bon marché.





La vidéo ci-dessous montre la création de l'installation avec des milliers de jouets aimantés autour des portraits de ceux qui les fabriquent :




Alors que Michael Wolf vient de nous quitter, ses photos et ses installations n'ont pas fini de nous fasciner. Elles interrogent en effet nos conditions de vie de plus en plus difficiles dans la frénésie des mégalopoles.

Plus d'information :

Visitez le site : http://photomichaelwolf.com/#

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