L’université Johns Hopkins : La Sentinelle De L’épidémie De Covid-19

L’université Johns Hopkins : la sentinelle de l’épidémie de Covid-19Image ©WJZ

L'université Johns Hopkins située à Baltimore, aux Etats-Unis, n’était pas l’université américaine la plus connue du grand public, du moins jusqu’à la pandémie de Covid-19. Depuis que le coronavirus s'est répandu dans le monde entier, la carte mise en ligne par cette université est devenue LA référence pour suivre en temps réel la progression de l’épidémie. Explications.

Une mine d’informations

Depuis que l’épidémie de Covid-19 est devenue une pandémie, les médias et les gouvernements du monde entier ont les yeux rivés sur l'université Johns Hopkins à Baltimore. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette université américaine offre une mine d’informations sur la progression de l’épidémie.

L’université Johns Hopkins se trouve dans la périphérie de Baltimore, dans l’Etat du Maryland. Jusqu’à présent, elle était moins connue du grand public en France qu'Harvard, Yale ou Princeton.

Mais l’outil qu’elle a créé, sorte de tableau de bord montrant en temps réel la situation de la pandémie aux quatre coins de la planète, est en train de la rendre mondialement célèbre.

Tous ceux qui ont besoin de données fiables sur l’épidémie (journalistes, chercheurs, décideurs politiques et citoyens) suivent avec un grand intérêt les données publiées par l'université américaine : nombre de cas, de décès, de guérisons pays par pays.

Une référence dans le domaine médical

Bien sûr, la Johns Hopkins University est moins célèbre que Harvard ou Yale mais sa réputation n'est plus à faire dans le domaine de la recherche.

L’université de Baltimore occupe la seconde place sur le podium national pour la recherche, juste derrière Harvard. Elle peut en outre se prévaloir de 39 Prix Nobel, dont 19 rien qu'en médecine !

Classée 10e meilleure université des États-Unis selon le dernier palmarès établi par le U.S. News & World Report, elle est particulièrement réputée en épidémiologie, en médecine et en santé publique.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que cette université ait été l’une des premières à réagir face à la crise sanitaire sans précédent liée au Covid-19.

Des statistiques publiées depuis le 22 janvier

L'université Johns Hopkins doit son succès actuel à la réactivité d'un de ses étudiants : Ensheng Dong. Alors qu'il travaillait sur la rougeole, le jeune chercheur s'inquiète dès décembre 2019 du mystérieux virus qui commence à se répandre à Wuhan, une ville proche de sa région d'origine.

Face à la propagation du coronavirus, il décide, avec sa directrice de thèse Lauren Gardner, de publier un rapport de la situation épidémique, mis à jour régulièrement.

Dans une interview accordée au magazine américain Sciences début avril, Lauren Gardner raconte : "En quelques heures, nous avons mis au point ce tableau de bord et le 22 janvier, je l'ai partagé sur Twitter. Le succès a été immédiat."

Il convient de préciser que Lauren Gardner, la chercheuse à l’origine de la fameuse carte interactive de Johns-Hopkins, n'est pas épidémiologiste. C’est une spécialiste de l'ingénierie civile et de la gestion des big data. Elle s'intéresse particulièrement aux modes de diffusion des maladies infectieuses, d'où son intérêt pour le Covid-19.

Une carte au succès planétaire

Grâce à son tableau de bord et sa carte interactive recensant le nombre de cas et de morts, pays par pays, l’université Johns Hopkins est devenue une référence mondiale pour le suivi en temps réel de la pandémie.

Depuis sa mise en ligne le 22 janvier dernier, ce tableau de bord (lien en bas de page) a été consulté plusieurs dizaines de millions de fois par les internautes car il constitue l'une des meilleures sources disponibles actuellement.

Cet outil est d’ailleurs très apprécié par le gouvernement américain lui-même. Mais, derrière cette fameuse carte se cache un travail de fourmis et d’ordinateurs !

Au départ, Lauren Gardner et son équipe recueillaient eux-mêmes les données auprès des autorités et les ajoutaient au tableau de bord à la main. Face à la masse de travail que cela a peu à peu représenté, le système a ensuite été automatisé.

"Au début, nous étions environ six à travailler sur ce tableau. Mais comme nous avons fait exploser les serveurs à cause de la demande, plusieurs départements de Johns Hopkins ont apporté leur aide, notamment pour la protection des données, la gestion de la carte ou encore pour la communication.", explique Lauren Gardner.

Des algorithmes à l’oeuvre

À présent, le tableau de bord de la pandémie est géré par algorithmes. Ce sont des logiciels qui recueillent en continu les statistiques publiées par les États, les institutions ou les médias et qui les mettent en forme.

Cette source reste toutefois fiable car le tableau de bord est surveillé 24h/24 par les chercheurs de l’université Johns Hopkins pour prévenir tout problème de serveur ou de stockage des données. Un étudiant basé au Royaume-Uni est même chargé de surveiller la machine lorsqu'il fait nuit à Baltimore !

Ce recueil de données est un exercice difficile car toutes les sources ne font pas leurs bilans sur les mêmes bases de calculs. Mais la clarté et la réactivité de ce tableau de bord en ont fait un outil incontournable pour avoir une vue d'ensemble de la pandémie.

En quelques semaines, les chercheurs de Johns-Hopkins ont largement dépassé les autres universités, les États et même l'OMS dans ce domaine.

Un outil pour les spécialistes et les citoyens

La carte interactive de l’université Johns Hopkins s’appuie sur les données fournies par la Chine, l'OMS et le Centre européen de Prévention et de contrôle des maladies. Elle présente ainsi un décompte, pays par pays, des cas confirmés, des décès, des personnes guéries et des cas actifs.

On pourrait croire que cet outil est réservé aux chercheurs et aux autorités, mais il n’en est rien ! Bien au contraire, l’équipe de Lauren Gardner a souhaité que son tableau de bord soit le plus clair et le plus simple possible afin que le grand public puisse s’en servir pour resté informé.

Dans un contexte de crise sanitaire inédit, où les médias relayent des controverses et où les fake news sur le coronavirus abondent, il est très utile de pouvoir consulter des données brutes comme celles du tableau de bord de Johns-Hopkins (lien ci-dessous).

Si vous souhaitez suivre l’évolution de la pandémie et vous faire votre propre opinion sur son évolution, près de chez vous et dans le monde, ce tableau est l’outil qu’il vous faut. Notez aussi que vous trouverez d’autres ressources sur l’épidémie (en anglais) sur le site du Johns Hopkins Coronavirus Resource Center (CRC) : https://coronavirus.jhu.edu/

Ce site constamment mis à jour se présente comme "une ressource pour aider à faire progresser la compréhension du virus, informer le public et informer les décideurs afin de guider une réponse, d'améliorer les soins et de sauver des vies".

Plus d'information :

Visitez le site : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

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