« La Contrebasse » : Clovis Cornillac Et Daniel Benoin Accordent Leurs Violons D’une Main De Maître.

  « La Contrebasse » : Clovis Cornillac et Daniel Benoin accordent leurs violons d’une main de maître.

Dans <i>La Contrebasse</i>, une pièce écrite en 1981 par Patrick Süskind, auteur du célèbre roman <i>Le Parfum</i>, Clovis Cornillac décide d’un retour à ses premières amours : les planches. Un rôle taillé « sur mesure » pour le comédien mis en scène par son ami Daniel Benoin, Directeur du Théâtre National de Nice, dans une performance solitaire à couper le souffle.

Clovis Cornillac, tout simplement …

21H00. Comme tous les soirs depuis le 18 janvier, les spectateurs répondent présent à l’appel dans la petite Salle Michel Simon, un espace intimiste et chaleureux. Levée de rideau sur un décor minimaliste très ingénieux. Clovis Cornillac se tient là, seul, debout, avec pour unique compagne sa contrebasse, « l’instrument le plus grand, le plus gros, le plus grave de tout l’orchestre mais aussi le plus beau, le plus puissant ».

Métamorphosé en anonyme, le comédien est à portée de main du public. Une main qui ne demande qu’à se tendre par sympathie immédiate pour ce personnage attachant et drôle, qui, progressivement, va révéler un tout autre visage. Pari tenu pour la costumière, Nathalie Bérard-Benoin, qui transforme la star du cinéma français en un « Monsieur tout le monde », pour le moins singulier, dévoré par la musique, malmené par l’existence, victime, qui plus est, d’un amour obsessionnel … fantasmagorique.

Du génie à la folie, il n’y a qu’un pas …

Pointu, caustique, méticuleux, Clovis Cornillac s’élance corps et âme dans un « monologue extrême de la passion », face à son « encombrante » compagne, son instrument, « son handicap », comme il se plait à la définir.

« Je suis souvent seul ». Artiste introverti, transparent, névrosé, en mal d’amour, noyé dans sa déroute, rongé par l’alcool et la timidité, le musicien nous invite à jongler du rire aux larmes en constatant ses états d’âmes, avec une facilité presque déconcertante.

« La contrebasse, c’est l’apologie des émotions auxquelles un individu se confronte, de l’amour à l’ultime destruction », explique Daniel Benoin, soucieux de livrer au public une vision personnelle (définitivement) aboutie de l’œuvre, marquée il y a vingt ans par l’interprétation de Jacques Villeret.

Rencontre avec Clovis Cornillac

Direction les coulisses du Théâtre National de Nice où le comédien nous reçoit cordialement après sa représentation, dans le cadre d’une interview spontanée (non programmée) et ce, malgré une fatigue apparente. Propos recueillis par Marion Calviera.

M.C. : Si vous étiez une pièce de théâtre, quel serait votre choix ?

C.C. : - Je n'aime pas dire qu'une pièce est mieux qu'une autre. Je n'ai pas un gout arrêté. J’essaie de rester ouvert. Je ne limite pas mes émotions en sachant que rien n’est immuable. Je reste en mouvement. Dans la vie, on peut oublier un temps ce qui nous interpelle pour y revenir plus tard.

M.C : Quel rôle rêvez-vous d’interpréter ?

C.C. : J’évite également d’y penser. Je n’aime pas prédéfinir les rôles que je pourrais jouer. En réfléchissant à mes volontés, je crains de passer à côté de certaines opportunités ou de petites subtilités, dans la manière dont je perçois un personnage. La réflexion peut parfois enlever de l’intensité à l’interprétation. Je laisse une porte ouverte aux surprises.

M.C. : Ce retour aux planches dans un cadre intimiste est-il salvateur ?

C.C. : - Oui ! C’est un réel plaisir. D’autant plus qu’avec Daniel Benoin, nous évoquions l’éventualité de travailler ensemble depuis des années. C’est un projet original et stimulant. Je suis toujours heureux de retrouver la scène. Cette pièce est très marquée par l’interprétation de Jacques Villeret. Nous cherchons à lui rendre hommage mais sous un angle différent, afin d’offrir un nouveau souffle à l’histoire.

M.C : Que peut-on vous souhaiter en 2013 ?

C.C. : (Sourire) J’ai déjà beaucoup de choses, vous savez ! Je travaille sur de multiples et beaux projets. Nous amorçons une longue tournée avec de nombreuses dates pour « La Contrebasse ». Je mesure ma chance tous les jours. Alors, souhaitons longue vie à la pièce, en espérant qu’elle soit appréciée du public à sa juste valeur.

Informations pratiques :

La Contrebasse
Création au Théâtre National de Nice

Jusqu’au 2 Février 2013. Théâtre National de Nice. Salle Michel Simon. Promenade des Arts. 06300 – Nice. Renseignements et réservations : 04 93 13 90 90 et www.ttn.fr

En Tournée à partir du 3 février 2013

Sur un texte de : Patrick Süskind
Seul en scène avec : Clovis Cornillac
Mise en scène et lumière : Daniel Benoin
Décor : Jean-Pierre Laporte
Costumes : Nathalie Bérard-Benoin
Vidéo : Paula Correia
Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d'Azur, Pascal Legros Productions
Texte publié aux Editions Fayard

Plus d'information :

Visitez le site : http://www.tnn.fr

Tag : Clovis Cornillac, La Contrebasse, Théâtre de Nice, Patrick Suskind, Daniel Benoin,



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