Décès D'andrée Putman : Adieu Madame

Décès d'Andrée PUTMAN : Adieu Madame

L’architecte d’intérieur Andrée Putman s’est éteinte à son domicile parisien, samedi 19 janvier, à l’âge de 87 ans. Styliste d’objets, de lieux publics, de bureaux, d’hôtels, de restaurants ou de magasins dans le monde entier, la créatrice était célèbre pour avoir littéralement « transformé » nos espaces intérieurs, dans un style minimaliste et raffiné.

La France perd son " Ambassadrice du style "

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, a rendu ce week-end un vibrant hommage à la créatrice saluant « une très grande artiste et une femme libre ». Jack Lang, quant à lui, rappelait que « si nous étions au Japon, Andrée Putman aurait été depuis longtemps reconnue trésor national ».

« Les gens qui savent regarder ont souvent beaucoup plus de style que les personnes qui peuvent s’offrir tout ce qu’elles veulent ! », répétait-elle à qui voulait l’entendre. Andrée Putman se définissait comme « une ex petite rebelle qui a su apporté un changement aux choses ». Faire du beau avec des matériaux pauvres, une spécialité notoire pour la styliste qui travaillait sur un principe de rigueur des formes et des lignes aboutissant à la fantaisie d’un mobilier « de courbes », fortement inspiré des années 30.

Du Morgans Hotel (New York) aux magasins Tati (Paris), en passant par le bureau de Jack Lang, ancien ministre de la Culture, la talentueuse créatrice avait été chargée, entre autres, des aménagements intérieurs de l’avion supersonique Concorde en 1994.

Pionnière des espaces « loft »

Dès son plus jeune âge, Andrée Putman entretient une relation particulière avec « le vide », dont elle découvre la beauté lors d’une chute accidentelle, à l’âge de 20 ans. « Le vide … mais pour combien de temps ? », s’interrogeait-elle afin de construire ses univers du peu, ses univers du simple, mélange d’ancien et de contemporain, de genres et d’époques.

C’est dans les espaces « vides » que sa version du « Loft » prend toute son envergure dans les années 1990. Le loft, climat définit et ludique, utile pour montrer l’histoire des objets en tant que « pièces élémentaires ». Mélange d’ancien et de contemporain, d’après Andrée Putman, chaque « chose » mérite sa part d’immortalité, d’infini et de mémoire.

Forte d’un succès et d’une reconnaissance internationale, la conceptrice n’a cependant jamais dévié de son intention originelle pour « créer de jolies choses accessibles à tous ». Singulière, immédiatement reconnaissable, sa griffe épurée se pare d’une sobriété intemporelle aussi bien dans la conception des objets, que pour le mobilier ou l’aménagement des espaces. Beige, noir, gris ou blanc… les teintes neutres, sobres et naturelles définissent l’empreinte de la créatrice.

Une bourgeoise en colère

« Je suis en colère ! J’ai toujours mené la guerre aux idées émanant du « Syndrome de Versailles ! », répétait-elle. En 1944, Andrée Putman n’a que 20 ans mais elle est déjà une femme atypique, une femme libre. Pianiste de formation, lauréate du prix d’harmonie au conservatoire national de Paris, elle s’autoproclame « libérée de l’enchainement qui l’avait maintenue sous le règne de l’oreille », pour se consacrer aux mystères « du rayonnement de l’œil ». Intrépide, déterminée, elle quitte très tôt le cocon familial et devient alors coursier pour le magazine Femina.

Épouse du marchand d’art contemporain Jacques Putman, elle baignera toute sa vie dans les univers conceptuels et fondamentalistes. Dès 1971, elle contribue activement au développement des Créateurs Industriels parmi lesquels figuraient à l’époque Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler, et Emmanuel Khan.

En 2010, l’Hôtel de Ville de Paris organisait une rétrospective pour l’ensemble de son Œuvre. Sa fille, Olivia, lui succède aujourd’hui à la tête du Studio Putman, fondé il y a 5 ans.

Plus d'information :

Visitez le site : http://studioputman.com/fr/

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