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Harry Potter, Les Raisons D'un Succès

A moins d’avoir vécu en ermite ces dernières années, il est peu probable que vous ayez échappé à la déferlante Harry Potter. Avec les films, les jouets, le jeu vidéo, le héros de J.K. Rowling a donné son nom à toute une gamme de produits dérivés. Pousserait-on la logique du marketing jusqu’à nous faire oublier qu’il s’agit d’abord d’un phénomène littéraire ? Retour sur l’œuvre pour tenter de décoder les raisons de son succès.

L’ampleur du phénomène

Depuis la parution du premier volume, Harry Potter à l’école des sorciers en 1997, les aventures de Harry ont été traduites en 60 langues et 250 millions d’exemplaires des cinq premiers romans de la série ont été vendus dans le monde, faisant de son auteur la 3ème femme la plus fortunée d’Angleterre, devant la reine Elisabeth II.

Non seulement le petit sorcier a (re)donné aux enfants le goût de la lecture mais il a aussi promu la lecture en anglais, car les fans les plus impatients de Harry se sont lancés dans la lecture de ses aventures en version originale (la parution en anglais devance de quelques mois la traduction française).

Un futur classique de la littérature jeunesse ?

Naturellement, seul l’avenir nous dira si le phénomène Harry Potter s’inscrit dans la durée, consacrant l’œuvre de J.K. Rowling du titre de classique. La Première génération de lecteurs aura eu la chance de grandir en même temps que son héros mais le petit sorcier a plus d’un tour dans son sac pour séduire plusieurs générations de lecteurs.

Ces romans présentent les ingrédients essentiels d’un bon livre pour enfants. Orphelin persécuté mais marqué par un destin exceptionnel, Harry Potter a l’étoffe d’un héros. L’identification du jeune public à ce personnage est facilitée par le cadre scolaire dans lequel Harry évolue, entouré de ses camarades de classe et de ses amis Ron et Hermione.

Pour mieux captiver ses lecteurs, le récit fait la part belle à l’action et nous entraîne, du moins dans les trois premiers volumes, dans la résolution d’un mystère.

Pourtant, réduire ces romans à l’application de lieux communs de la littérature pour enfants serait méconnaître les raisons profondes de l’engouement qu’ils ont suscité.

Une exceptionnelle créativité

Peu d’auteurs peuvent se vanter d’avoir créé un univers aussi complet que celui de J.K Rowling. Elle a en effet imaginé tout à la fois un monde naturel (une faune, une flore et des créatures magiques qui ne sont que partiellement inspirées de la mythologie) et une société magique. La saga Harry Potter, en progressant, explore de manière toujours plus détaillée le monde des sorciers, une communauté internationale possédant ses propres institutions et ses références culturelles (telles que le Quidditch, le sport favori des sorciers).

Le coup de maître de l’auteur est peut-être de ne pas avoir fait du monde magique un monde parallèle au nôtre, mais plutôt un monde mitoyen. Les interférences entre les deux cultures magique et moldue (adjectif qui qualifie les humains ordinaires, dénués de pouvoirs) sont ainsi une source de cocasserie (nécessité de préserver le secret de l’existence de la magie, point de vue des sorciers sur l’artisanat moldu) mais aussi de réflexion sur la coexistence des communautés, sur le racisme et le métissage.

Il ne me reste plus qu’à vous renvoyer aux romans eux-mêmes où la créativité du langage de l’auteur est bien servie par le travail du traducteur français de Harry Potter, Jean-François Ménard. Au bout du compte, le talent d’une romancière résiste à toute tentative d’analyse : c’est à vous de juger.

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